Bernard Cazeneuve : "Le bon journaliste devient celui qui dénonce, s'indigne et désigne des cibles"

Partager l'article
Vous lisez:
Bernard Cazeneuve : "Le bon journaliste devient celui qui dénonce, s'indigne et désigne des cibles"
Par Benjamin Meffre Journaliste
Passionné par les médias, l’économie et la politique, Benjamin est rédacteur en chef de puremedias.com dont il a intégré la rédaction en 2013.
Bernard Cazeneuve dénonce "le vacarme" des plateaux télés pour "convoquer l'outrance" © LCI
A la lumière de son expérience de ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve critique l'évolution du travail des médias.

Bernard Cazeneuve critique ce que devient le travail des journalistes. Dans un entretien accordé au "Droit de vivre", le journal de la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme), l'ex-ministre de l'Intérieur a livré sa vision du monde des médias et de son évolution qu'il déplore.

À lire aussi
Présidentielle 2022 : Eric Zemmour perd 200.000 euros de remboursement de frais de campagne à cause de CNews
Politique
Présidentielle 2022 : Eric Zemmour perd 200.000 euros de remboursement de frais de...
"Un échange avec Macron ne fait pas de vous un perroquet" : Les journalistes invités à l'Élysée répondent à la polémique
Politique
"Un échange avec Macron ne fait pas de vous un perroquet" : Les journalistes...
Réforme des retraites : Emmanuel Macron déjeune avec dix éditorialistes pour "distiller la bonne parole"
Politique
Réforme des retraites : Emmanuel Macron déjeune avec dix éditorialistes pour...
"Un ministre ne devrait pas dire ça" : Maxime Saada ne tolère pas qu'on "menace d'une fermeture" C8 et CNews
Politique
"Un ministre ne devrait pas dire ça" : Maxime Saada ne tolère pas qu'on "menace...

Rappelant la très forte pression médiatique subie place Beauvau durant les attentats de 2015 et 2016, Bernard Cazeneuve a fustigé le "grégarisme" des journalistes à cette période. "Ce qui m'a surtout frappé au moment des attentats où la tension était à son paroxysme, c'est le grégarisme dont témoignaient certains commentaires politiques ou de presse, convergeant mécaniquement vers les mêmes questions convenues, alors même qu'on ne savait encore rien des drames qui venaient tout juste de se produire : 'Où sont les failles des services de renseignement ?' s'interrogeait-on mécaniquement sur certains plateaux des chaînes d'information en continu, avec des spécialistes autoproclamés de la lutte contre le terrorisme, qui se laissaient parfois aller à des spéculations hasardeuses... !", a fustigé Bernard Cazeneuve.

L'ancien Premier ministre s'est ensuite remémoré les vifs débats ayant entouré l'adoption de sa loi sur le renseignement en 2015. "Les médias aimaient les services de renseignement surtout quand ils échouaient ! Mais dès qu'on les dotait des moyens destinés à améliorer leur efficacité, les contempteurs de leur action s'indignaient de l'avènement possible du 'meilleur des mondes' ou de la 'surveillance de masse'". Et de tacler ensuite BFMTV : "J'ai aussi vu des journalistes prendre directement contact avec les frères Kouachi dans l'imprimerie de Dammartin-en-Goële, alors que la vie d'un otage était en jeu. J'ai donc appris à vivre avec une presse qui cherchait parfois – pas toujours fort heureusement – à allumer la mèche, alors que ma mission était d'éteindre tous les feux et d'éviter les courts-circuits".

"Pour moi, Twitter, c'est l'usage de la phrase brève au service des idées courtes !"

L'ex-ministre de l'Intérieur n'est pas plus tendre avec Twitter, résumé à "l'usage de la phrase brève au service des idées courtes". "On voit peu à peu un espace irrationnel se structurer où la foule s'enivre de ses instincts, en allant jusqu'à trahir le peuple, en lui faisant subir ses excès", a-t-il regretté, estimant que le réseau social convoque "les pulsions les plus viles pour les faire converger à la fin vers les positions les plus radicales". Et de conclure : "Dans un tel contexte, dans cette ambiance où chacun se projette en justicier, le bon journaliste n'est plus celui qui rend la complexité intelligible, qui informe de façon méticuleuse, mais c'est celui qui dénonce, s'indigne et désigne des cibles. C'est là un changement très profond de la relation des peuples à la délibération collective et de la presse à l'exercice démocratique".

Cette dénonciation du système médiatique n'est pas la première de Bernard Cazeneuve. En septembre dernier, il avait déjà sur LCI fustigé le "niveau effondré" du débat et "le vacarme" des plateaux télés.

Bernard Cazeneuve
Bernard Cazeneuve
Bernard Cazeneuve dénonce le "niveau effondré" du débat et "le vacarme" des plateaux télés
Bernard Cazeneuve va porter plainte contre Jean-Luc Mélenchon
l'info en continu
"L'île prisonnière" : La première série télé de Michel Bussi débarque sur France 2 le lundi 13 février
TV
"L'île prisonnière" : La première série télé de Michel Bussi débarque sur France 2...
Affaire Denis Brogniart : Qui sont les femmes qui dénoncent le comportement de l'animateur de "Koh-Lanta" ?
TV
Affaire Denis Brogniart : Qui sont les femmes qui dénoncent le comportement de...
Audiences 20h : Dominique Tenza et le "19:45" au top sur M6
Audiences
Audiences 20h : Dominique Tenza et le "19:45" au top sur M6
Audiences 19h : "Demain nous appartient" très faible sur TF1, "N'oubliez pas les paroles" indétrônable sur France 2
Audiences
Audiences 19h : "Demain nous appartient" très faible sur TF1, "N'oubliez pas les...
Audiences : Quel score pour France/Suède en demi-finale du championnat du monde handball sur TF1 ?
Audiences
Audiences : Quel score pour France/Suède en demi-finale du championnat du monde...
TF1 : Pourquoi "Les touristes" avec Arthur ne sera finalement pas diffusé ce soir ?
TV
TF1 : Pourquoi "Les touristes" avec Arthur ne sera finalement pas diffusé ce soir ?