Et Dieu emporta la femme... Ce dimanche 28 décembre, Brigitte Bardot a rendu son dernier souffle, à l'âge de 91 ans, dans sa célèbre propriété de Saint-Tropez, où elle s'était installée auprès de ses animaux. C'est sa Fondation qui a annoncé la triste nouvelle aujourd'hui à l'Agence France Presse (AFP). "La Fondation Brigitte Bardot annonce avec une immense tristesse, le décès de sa fondatrice et présidente, Madame Brigitte Bardot, actrice et chanteuse mondialement reconnue, qui a choisi d'abandonner sa carrière prestigieuse pour dédier sa vie et son énergie à la défense des animaux et à sa Fondation", indique le communiqué transmis à l'AFP, sans préciser le jour ou le lieu du décès.
Son état de santé était jugé préoccupant depuis plusieurs mois, selon les informations rapportées par plusieurs médias régionaux. L'actrice française, considérée comme l'une des dernières légendes du cinéma hexagonal, a été hospitalisée en octobre durant trois semaines dans un hôpital privé de Toulon, où elle a subi une intervention chirurgicale liée à une "maladie grave". La nature de cette maladie n'avait toutefois pas été précisée. La muse de grands artistes avait néanmoins regagné sa demeure de La Madrague et essayait de récupérer de son opération. "Elle se repose chez elle désormais, ne répondra à aucune sollicitation, et remercie chacun de respecter son intimité et sa tranquillité", pouvait-on lire dans un communiqué transmis à l'AFP, le 17 octobre dernier.
Sujette à des soucis de santé récurrents ces dernières années, entre problèmes respiratoires et malaises, l'icône B.B avait tiré un trait sur le septième art dans les années 1970 pour se consacrer à la cause animale. En mai dernier, lors d'une rare interview accordée à BFMTV, elle avait assuré vivre "comme une fermière", entourée de ses moutons, ses cochons, ses chiens, ses chats, son âne et sa ponette et ne posséder "ni portable, ni ordinateur". Si de nombreux téléspectateurs avaient trouvé la comédienne amaigrie et en petite forme, elle avait pourtant assuré aller bien et ne pas se plaindre de son état. "Ça emmerde tout le monde, et ça sert à rien. Je garde pour moi", avait assuré la vedette, devenue anti-star au fil des années lors desquelles elle abandonna argent, gloire et facilités pour aller au bout de ses convictions personnelles.
Du "Trou normand" en 1952, à "L'histoire très bonne et très joyeuse de Colinot trousse-chemise" en 1973, Brigitte Bardot a joué dans une petite cinquantaine de films, devenant un sex-symbol international, notamment grâce à son rôle de Juliette dans "Et Dieu créa la femme" (1956), réalisé par son ex-mari, Roger Vadim. Mythe de son époque, elle incarnait la jeune femme émancipée des années 60, l'égérie de la nouvelle vague et l'emblème de la femme libérée et sensuelle, charnelle et extravertie, à l’image de Marilyn Monroe aux Etats-Unis. Mais du phénomène de société, l'interprète d'une soixantaine de chansons ("La Madrague", "Harley Davidson", "Bonnie & Clyde") a viré militante pour la cause animale et a créé sa propre fondation pour la défendre. Par son engagement, elle a notamment obtenu la généralisation du pistolet d'abattage dans les abattoirs ou encore l'interdiction par le président français Valéry Giscard d'Estaing de l'importation de peaux de phoques en France.
À partir des années 1990, son besoin radical de liberté comme son goût pour la provocation l'ont plongée au coeur de controverses associées à son nom. Les déclarations de Brigitte Bardot se sont radicalisées, notamment sur l’immigration et l’islam, lui valant plusieurs condamnations pour incitation à la haine raciale. Preuve de son jusqu'au-boutisme, la sulfureuse comédienne, longtemps objet de fascination pour ses multiples relations amoureuses (Jean-Louis Trintignant, Sacha Distel, Gilbert Bécaud) avait dézingué le biopic la série retraçant sa vie diffusée sur France 2. "Je ne suis même pas au courant de ce truc. Mais je m'en moque : la seule chose qui importe c'est ma vraie vie avec moi dedans. Et pas des biopics à la con", avait-elle asséné au duo de réalisateurs Danièle et Christopher Thompson. Seul son propre itinéraire comptait, celui d'une femme devenue un mythe à ses dépens qui se débarrassa de son passé pour épouser une noble cause.

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