Cinéma
Ozap a aimé : "Carlos", en sélection à Cannes, à découvrir ce soir sur Canal+
Publié le 19 mai 2010 à 11:03
La fiction d'Olivier Assayas débarque sur Canal + dès 20h45.
Carlos Carlos

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L'avis de la rédac'. « Carlos est la plus cinématographique de nos fictions », a déclaré Fabrice de la Patelière, directeur de la fiction française de Canal+. Et comme pour ne pas le contredire, les membres du comité de sélection du Festival de Cannes ont choisi de la présenter dans la sélection "Hors compétition" aujourd'hui. C'est également aujourd'hui que Canal+ diffusera le premier des trois volets de la série, dès 20h45. Destinée à la télévision mais (par)faite pour le grand écran, Carlos est l'excellente surprise de ce printemps. Plus qu'un biopic standard, Carlos est à mi-chemin entre le film d'action et le documentaire. Un regard inédit du réalisateur Olivier Assayas sur la vie du terroriste Illich "Carlos" Ramirez Sanchez.



Présentée en trois parties, Carlos est ce qu'on appelle un triptyque. Plus de cinq heures au total, et pas une seule minute vaine. Le rythme est élevé dès la première partie, et contribue à donner à l'ensemble sa dimension cinématographique méritée. Mais Carlos n'est pas seulement un film d'action ou d'aventures, même si elle en réunit tous les (bons) ingrédients. Au fil des images, et des années qui défilent, on se rend compte du travail colossal réalisé en amont. Tout est replacé dans son contexte, le souci du détail poussant même Olivier Assayas à recruter des acteurs d'origines identiques aux "originaux", et s'exprimant dans leur langue natale. Entrecoupée d'images d'archives de journaux télévisés d'époque, la série ne fait pas que divertir, elle instruit.

Véritable portrait de la société des années 1970/1980, la série dépasse le simple stade de la Guerre Froide pour révéler la véritable complexité des rapports mondiaux d'alors, pas si éloignés de ceux du monde actuel : les conflits du monde arabe, du Moyen-Orient, les enjeux du pétrole, et les groupuscules terroristes, déjà influents. Si le (télé)spectateur les découvre, la série manque peut-être d'éclaircissements dans certaines situations. Au pire on ne comprend pas, au mieux on s'y intéresse et on apprend. Mais cela ne tient qu'à quelques cas isolés, qui n'empêchent en aucun cas la compréhension de l'oeuvre dans son ensemble. Car même si Olivier Assayas livre un biopic exceptionnel, il assume complètement le côté fiction de sa série, portée par l'excellent Edgar Ramirez.



C'est ce qu'on pourrait appeler le "syndrome Mesrine". Quand le héros n'en est pas un, il est difficile pour le téléspectateur de faire la part des choses. La star de la série est bel et bien Carlos. Mais Carlos est un terroriste redouté, ne l'oublions pas. Alors pourquoi espérer que chacune de ses missions réussisse ? Pourquoi sympathiser ? C'est que Carlos a tout d'une popstar : le look, les gestes... On a un peu l'impression de suivre un chanteur de rock sur la route, avec ses conquêtes, ses caprices... Le tout rythmé par les chansons énergiques de New Order et de The Wire. Mais on découvre aussi toute la complexité du personnage, terroriste d'exception justifiant ses actes par la "noble" cause qu'il défend : la libération de la Palestine (il est membre du FPLP).

Et Carlos fonctionne aussi et surtout grâce à Edgar Ramirez, tout simplement exceptionnel. Habitué des films d'action (Domino, La Vengeance dans la peau, Angles d'attaque), l'acteur convainc par son jeu remarquable, rendu aussi possible par les points communs qu'il partage avec l'original, notamment ses talents de polyglote. Edgar Ramirez montre l'étendu de son talent et de son charisme- dans le rôle d'un personnage qui apparait à la fois attachant, par déformation (celle de l'angle choisi), et attirant, puis répugnant, vulgaire et imbus de lui-même. L'acteur, au gré de ses transformations physiques, parvient à (re)donner vie à un personnage dont on ne connaissait que le nom et la réputation.

Olivier Assayas réussit le pari incroyable de faire du cinéma pour la télévision. Carlos sera d'ailleurs présentée à l'international dans une version cinématographique condensée. Il est largement justifié, et mérité, de faire découvrir au plus grand nombre cette petite merveille, déjà projetée en CinémaScope.

Ozap vous propose de découvrir la bande-annonce de Carlos, réalisée par Olivier Assayas et diffusée dès ce soir sur Canal + (première partie) :
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