Censure d'un doc sur le Crédit Mutuel : "La direction de Canal+ assume" selon "Médiapart"

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Censure d'un doc sur le Crédit Mutuel : "La direction de Canal+ assume" selon "Médiapart"
Par Benjamin Meffre Journaliste
Passionné par les médias, l’économie et la politique, Benjamin est rédacteur en chef de puremedias.com dont il a intégré la rédaction en 2013.
Vincent Bolloré
Vincent Bolloré © Abaca
Le site d'investigation publie aujourd'hui un article tendant à prouver que la direction de Canal+ assume la déprogrammation d'un documentaire sur le Crédit Mutuel en mai dernier.

Fleur Pellerin voulait des preuves, les voici... Dans un article publié aujourd'hui, Médiapart entend apporter la preuve de la censure assumée par la direction de Canal+ d'un documentaire embarrassant pour le Crédit Mutuel. Ce dernier devait être diffusé en mai dernier dans l'émission "Spécial Investigation" mais avait finalement été déprogrammé sans raison officielle. D'après des enquêtes de "Society" et "Médiapart", cette déprogrammation serait en fait une censure pure et simple de Vincent Bolloré. Proche de Michel Lucas, le patron du Crédit Mutuel, le milliardaire breton n'aurait pas voulu froisser un établissement qui est aussi un partenaire financier du groupe Bolloré.

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"Eviter certaines attaques frontales ou polémiques"

Aujourd'hui, Médiapart tient à apporter la preuve de "l'aveu" de cette censure par la direction de Canal+. Dans un article signé Fabrice Arfi, le site rapporte ainsi les échanges qu'auraient eus sur ce sujet la direction et des représentants du personnel. Lors d'un comité d'entreprise extraordinaire le 25 août dernier, Vincent Bolloré aurait par exemple répondu aux interrogations directes sur le sujet de Francis Kandel, un syndicaliste CGT responsable achats et programmation des documentaires à Canal+ : "On ne tue pas ses amis". Problème, le compte-rendu écrit et définitif de cette réunion fait actuellement l'objet d'un désaccord entre syndicats et direction.

Le 16 septembre, lors d'une nouvelle réunion, Francis Kandel a de nouveau interpellé des représentants de la direction sur cette censure du documentaire et l'avenir de l'investigation sur Canal+. "Quel avenir dans ces conditions pour la case 'Special Investigation' ?" a-t-il lancé à la fin de son intervention disponible dans le compte-rendu de la réunion mis en ligne la semaine dernière sur l'intranet de Canal+. Ce à quoi la direction a répondu, toujours selon la même source : "La direction tient avant tout à défendre les intérêts du groupe Canal+ et estime qu'il est donc préférable d'éviter certaines attaques frontales ou polémiques à l'encontre de partenaires contractuels ou futurs". On peut difficilement faire plus clair.

"Il faudrait sans doute que j'évoque ce sujet avec le CSA"

Fabrice Arfi pourra toujours offrir son article à Fleur Pellerin. Interrogée récemment sur France Inter, la ministre de la Culture avait ainsi afffirmé à propos des censures au sein du groupe Canal+ évoquées par la presse qu'"aucune enquête n'a(vait) pour l'instant révélé s'il y avait eu une intervention directe". "S'il s'avérait qu'il y a des interventions directes, des annonceurs, de l'actionnaire, sur une chaîne pour déprogrammer des programmes qui dérangent, il faudrait sans doute que j'évoque ce sujet avec le CSA", avait conclu la ministre de la Culture...

Le 24 septembre dernier, soit huit jours seulement après la réunion du 16, Vincent Bolloré avait quant à lui nié devant les Sages du CSA toute censure au sein de son groupe. Le coeur sur la main, il s'était engagé à créer un "comité d'éthique" : une structure qui sera chargée de "garantir, sous le contrôle du CSA, l'indépendance éditoriale comme celle de l'information" de Canal+. Il s'était également engagé à rouvrir de façon "élargie et pluraliste" le comité d'éthique d' iTELE. Ce dernier ne devrait pas chômer.

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