Le régulateur de l’audiovisuel a décidé une nouvelle fois de hausser le ton. Selon une décision publiée le mardi 30 décembre 2025 au Journal officiel et relayée par l’"AFP", l’Arcom a mis en demeure CNews après la diffusion de deux séquences jugées problématiques, estimant que des propos tenus à l’antenne étaient susceptibles d’encourager des comportements discriminatoires. Une décision symboliquement forte, alors que la chaîne s’est imposée en 2025 comme la première chaîne d’information de France en termes d’audience. La première séquence visée remonte au 29 janvier dernier, lors de l’émission “La grande interview”, animée par Sonia Mabrouk. Invitée sur le plateau, la maire de Romans-sur-Isère (Drôme), Marie-Hélène Thoraval, avait alors établi un lien entre certaines attaques au couteau et ce qu’elle qualifiait de “caractère culturel”. Elle évoquait des auteurs qui ne seraient pas "Français de souche" et dont les "origines" seraient, selon elle, "plus liées avec (…) l’islam". Dans sa délibération datée du 17 décembre, l’Arcom considère que ces propos relèvent d'"une telle stigmatisation" qu’ils sont “de nature à encourager des comportements discriminatoires”.
Le régulateur souligne également l’absence de réaction de l’animatrice, estimant que cette absence de contradiction a contribué à banaliser les déclarations incriminées. La seconde séquence concerne l’émission "Morandini Live", diffusée le 20 mars. À cette occasion, le journaliste Jordan Florentin, collaborateur du média d’extrême droite Frontières, avait décrit les personnes immigrées comme des "masses" incapables de "s’acclimater avec nos valeurs, nos mœurs et notre culture". Il avait également repris la thèse du "grand remplacement". Pour l’Arcom, "ces propos véhiculent de nombreux stéréotypes particulièrement infamants à l’égard des personnes immigrées dans leur ensemble", susceptibles d’encourager des comportements discriminatoires fondés sur "la nationalité ou l’origine".
Le régulateur pointe également le rôle de Jean-Marc Morandini, estimant que si certains propos ont été "en partie contredits", cette contradiction est restée insuffisante. L’Arcom considère même que le présentateur "a pris le parti de la personne les ayant tenus", renforçant ainsi l’impact des déclarations mises en cause. Contactée par l'"AFP", CNews n’a pas souhaité réagir dans l’immédiat à cette mise en demeure. Cette procédure constitue l’un des niveaux d’intervention du régulateur, qui peut rappeler à l’ordre les chaînes titulaires d’une autorisation d’émettre. Dans la hiérarchie des sanctions, la mise en demeure intervient après une mise en garde et peut, en cas de récidive, conduire à une sanction financière. Cette décision intervient dans un contexte particulier pour CNews. Propriété du groupe du milliardaire Vincent Bolloré, la chaîne a poursuivi son ascension en 2025, dépassant BFMTV en audience. Un succès qui s’accompagne désormais d’une vigilance accrue du régulateur sur le respect des obligations éditoriales et déontologiques.

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