Un vent de violence souffle sur la liberté d'informer. La couverture des mouvements sociaux de cet automne ont été émaillés d'intimidations et d'attaques physiques envers les journalistes. Depuis le 21 septembre, l’organisation Reporters sans frontières a recensé 58 cas d’entrave à l’exercice du métier, dont 35 relèvent de violences physiques. Les directions des médias et leurs incarnants vedettes ne cessent de dénoncer dans des tribunes et communiqués les agressions subies par leurs salariés. Des salariés de chaînes info contraints de masquer les logos et bonnettes de leurs micros.
Pascal Praud, Apolline de Malherbe et d'autres éditorialistes n'ont pas hésité à prendre position contre les manifestants, et de manière plus générale, sur la défiance d'une certaine frange de la population envers les médias. "Aujourd'hui, nos équipes sont parfois prises à partie et je trouve que c'est très inquiétant pour la démocratie", s'inquiétait à notre micro la journaliste de BFMTV.
Sa collègue sur le canal 14 de la TNT, Pascale de la Tour du Pin, a approuvé ses propos lorsqu'elle a été interrogée sur le sujet dans "Puremédias l'hebdo", ce dimanche. "Quand on voit nos journalistes ou les journalistes de la concurrence qui se font agresser, je ne sais pas où on va mais c'est inadmissible. Il faut que ça s'arrête", s'est emportée la matinalière. Pour elle, il devient compliqué d'exercer sa profession dans ces conditions. "C'est très compliqué pour tout le monde et c'est inadmissible. Les journalistes sont des cibles, on ne peut plus faire notre travail sur le terrain. Ce n'est plus possible", a-t-elle répété. L'ex-chroniqueuse de Cyril Hanouna sur C8 avance alors une solution pour faire bouger les choses : "Il faut peut-être que les médias, en tout cas les chaînes qui envoient des reporters sur le terrain s'unissent et poussent un véritable coup de gueule parce qu'on ne peut pas envoyer des reporters qui ne travaillent pas en sécurité".
Relancé par notre rédacteur en chef Benjamin Rabier sur les mesures à préconiser, Pascale de la Tour du Pin se montre très inquiète par la tournure que prend ce phénomène de harcèlement. "Le problème, c'est qu'il y a les réseaux sociaux. Il y a une campagne de désinformation mais aussi une crise des institutions, donc ça va au-delà. Tout est remis en cause aujourd'hui : les politiques, les journalistes. Je pense qu'il faut que ça s'apaise", clame l'avocate de Sonia Mabrouk. Au sein de sa rédaction, elle milite pour que les reporters amenés à couvrir ces événements ne pas baissent pas les bras. "Je pense qu'il ne faut jamais lâcher le terrain. C'est notre devoir d'aller sur le terrain, d'aller échanger. Il y a peut-être des jeunes qui pensent que les journalistes sont vendus parce qu'on est beaucoup dans des clichés. Il faut dialoguer avec eux", appuie-t-elle.
Une séquence à découvrir dans l'émission "Puremédias lhebdo" du dimanche 8 novembre à 11h30 sur T18.
