Marine Le Pen et Jordan Bardella au congrès du Rassemblement national à Orléans© BestImage
Les images ont tourné en boucle sur les réseaux sociaux ce week-end. Samedi 24 octobre, peu avant l'ouverture du congrès du Rassemblement national organisé à Orléans, une équipe vidéo de Mediapart a été prise à partie par des militants, puis huée par la salle qui scandait "Mediapart dehors". Elle a été exfiltrée de façon musclée par le service de sécurité du RN. Le service presse du RN "s'est excusé et a laissé les journalistes regagner le congrès", est-il précisé dans une tribune signée par plus d'une quarantaine de rédactions qui réclament au parti d'extrême droite de "pouvoir travailler librement".
"Marine Le Pen a fait de ce congrès la rampe de lancement de sa campagne présidentielle. Il n'est pas acceptable que des journalistes soient ainsi exfiltré·es et malmené·es", ont estimé ces sociétés de journalistes et de personnels, dont celles de BFMTV, LCI, "Le Monde", Le Figaro, Radio France, RTL, RMC, l'Agence France-Presse ou encore de France Télévisions. Les SDJ des "Dernières Nouvelles d'Alsace" et de L'Alsace, des "Echos" et de Blast font aussi partie des signataires de la tribune, publiée sur le blog de la SDJ de Mediapart. "Dans un État de droit, les partis politiques, tous bords confondus, doivent permettre à la presse, au service de tous les citoyens et citoyennes, d'accéder à leurs événements sans entraver son travail ni la brutaliser", ajoutent-elles, à six mois de l'élection présidentielle.
Mediapart est vertement critiqué par les membres et sympathisants du RN depuis ses révélations fin septembre sur des écrits de jeunesse antisémites attribués à Jordan Bardella. Le président du parti dément fermement en être l'auteur. Dimanche, après une action revendiquée par l'Union des étudiant juifs de France (UEJF), des policiers en civil et le service d'ordre ont évacué sans ménagement les activistes et aussi un journaliste de Mediapart qui filmait la scène - qui a entendu les propos racistes d'une spectatrice l'invitant à "retourner au bled". "La sécurité de ses journalistes n'étant plus assurée, la direction de Mediapart a dû leur demander de quitter les lieux du congrès", déplorent les rédactions. Filmant cette même action, un journaliste de Politis a été malmené et sorti, relèvent-elles.
Début octobre, les sociétés des journalistes de près de quarante rédactions avaient déjà dénoncé les "menaces de mort" du Rassemblement national contre Mediapart, après les déclarations de Marine Le Pen recommandant à ses journalistes de porter "un costard en kevlar", la matière des gilets pare-balles.
