L'affaire dite de Crepol et son traitement médiatique continuent de faire des remous. Après CNews, mise en demeure par l’Arcom, selon qui la chaîne a "traité de manière univoque" le meurtre de Thomas, c'est France Inter qui a été rappelé à l'ordre par le gendarme de l'audiovisuel. Et ce, pour les mêmes raisons que pour la chaîne d'info du groupe Canal+. Le 17 mars 2025, un grand entretien sur ce drame avait été diffusé dans la matinale de Nicolas Demorand et Léa Salamé en présence de Jean-Michel Décugis, grand reporter police-justice au "Parisien", Pauline Guéna, scénariste et romancière et Marc Leplongeon, journaliste à" L’Équipe". Tous les trois ont écrit à six mains "Une nuit en France. Anatomie du fait divers qui a déchiré le pays" aux éditions Grasset. En studio, lesauteurs avaient notamment dénoncé des analyses hasardeuses dans les médias et par les politiques, alors même que personne ne savait encore rien des détails de cette nuit tragique.
Or, l'Arcom, alertée d’une séquence relative à la parution de cet ouvrage, s'est penchée sur l'extrait en question et a rendu sa décision, le 12 mars dernier. Aucune sanction pécuniaire n'a été prononcée envers la radio publique, qui s'en tire avec un avertissement. "En l’espèce, si la thèse défendue dans l’ouvrage a naturellement été largement commentée, l’Autorité n’a pas relevé, au regard des éléments de l’enquête rendus publics à la date de la diffusion de la séquence, d’éléments manifestement erronés de nature à caractériser un manquement de l’éditeur", indique le régulateur.
Toutefois, il demande à France Inter de rester vigilante à l'avenir, "compte tenu de la toute particulière sensibilité du sujet". L'Arcom juge ainsi "utile de rappeler à la chaîne l’exigence d’exposition des différentes thèses en présence qui s’impose à elle lors de l’évocation de procédures judiciaires en cours aux termes de l’article 3 de la délibération du 18 avril 2018 relative à l’honnêteté et à l’indépendance de l’information et des programmes qui y concourent".
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Le couperet avait été plus sévère envers CNews, à qui il avait été reproché "un manquement" dans le traitement de l'affaire. "Le drame survenu à Crépol a […] été traité de manière univoque, les intervenants ayant systématiquement soutenu de manière péremptoire qu’il s’agirait d’un meurtre raciste", avait indiqué l'institution au sujet des trois mêmes journalistes et auteurs de l'ouvrage "Une nuit en France".

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