Emmanuel Macron a "appris avec une profonde inquiétude la condamnation en appel" à sept ans de prison du journaliste français Christophe Gleizes en Algérie, a déclaré jeudi l'Elysée. "Il lui adresse ses pensées ainsi qu'à sa famille. Nous continuerons d'agir auprès des autorités algériennes pour obtenir sa libération et son retour en France dans les plus brefs délais", a ajouté la présidence française au lendemain de la décision de justice.
L'ONG Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé mercredi une "décision aberrante" de la justice algérienne. Son frère, Maxime Gleizes, s'est dit "abasourdi". "L'espoir est retombé", a-t-il ajouté dans les locaux de l'ONG Reporters sans frontières (RSF) à Paris. "C'est ahurissant", a-t-il affirmé, disant espérer que "ce cauchemar s'arrêtera rapidement".
Christophe Gleizes est emprisonné depuis juin en Algérie pour "apologie du terrorisme". Le directeur général de RSF, Thibaut Bruttin, a condamné "avec la plus grande fermeté" une "décision aberrante de la cour d'appel de Tizi Ouzou, qui choisit de maintenir en prison un journaliste n'ayant fait que son travail". "RSF réaffirme sa détermination à obtenir la libération de Christophe Gleizes et poursuivra sa mobilisation aux côtés de sa famille et de son comité de soutien", a ajouté l'ONG dans un communiqué.
Lors d'une conférence de presse dans la soirée, Thibaut Bruttin en a appelé à "tous" les clubs de Ligue 1 et aux maires pour qu'ils mettent "le visage de Christophe aux frontons des mairies". Il a également demandé "au premier d'entre eux, Emmanuel Macron" de "recevoir sans tarder les parents" du journaliste. "Ce soir la mobilisation va monter d'un cran", a-t-il ajouté.
"Je suis sous le choc", a pour sa part réagi auprès de l'AFP Franck Annese, fondateur du groupe de médias So Press, pour lequel travaillait depuis une dizaine d'années Christophe Gleizes. "Je ne comprends pas et que je n'accepte pas non plus (...) Il n'a rien à faire en prison. Ce jugement est totalement absurde et injuste", a poursuivi le patron de presse, appelant à "continuer à faire tout ce qu'on peut pour le sortir de là".
Le média So Foot, du groupe So Press, affichait mercredi soir un message de soutien au journaliste sur son site : "Toute la rédaction de So Press reste au soutien de Christophe et de sa famille". Christophe Gleizes, 36 ans, s'était rendu en Algérie en mai 2024 pour un sujet sur l'un des plus gros clubs du pays, la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK), basé à Tizi Ouzou, à 100 km à l'est de la capitale Alger. D'abord placé sous contrôle judiciaire, il avait été condamné en juin dernier en première instance à sept ans de prison et est depuis incarcéré.

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