"Un début de soirée à écouter France Inter et à m'énerver". Cyril Dion n'a pas caché sa colère, lundi soir, après la diffusion du numéro du "Téléphone sonne", consacré à nos convictions écologiques. Fabienne Sintes et son équipe sont revenus sur cet été 2026 marqué par des chaleurs records et souhaitaient débattre de l'évolution des modes de vie face aux changements climatiques. "Somme-nous aussi écolos qu'on le dit ?", interrogeait la journaliste du service public. Mais le résultat de ces échanges a fortement déplu à Cyril Dion, malgré son affect pour l'émission d'actualité. "J'aime beaucoup 'Le téléphone sonne', j'aime beaucoup Fabienne Sintès. Ils ont dit des choses intéressantes mais en gros, au bout d'une heure, je ressors en 2026 avec une série de constats. Pourquoi est-ce que ça va plus vite ? Pourquoi est-ce que ça marche pas ? Et absolument aucune piste de ce que l'on peut faire", déplore calmement le militant écologiste dans une vidéo postée sur ses réseaux sociaux.
L'absence de solutions concrètes apportées par les experts exaspère le co-réalisateur du film "Demain" (avec Mélanie Laurent) et intervenant régulier sur l'antenne de la première station de France. "Je me dis 'est-ce qu'on peut continuer à faire ce genre d'émissions comme ça en 2026' ? Est-ce qu'on peut faire des émissions sur l'écologie en 2026, sans dire, que depuis 50 ans, aucun gouvernement ne fait rien par rapport à la question écologique parce que des intérêts financiers s'y opposent. Parce que ça ne va pas dans le sens de faire de la croissance", souligne celui qui appelle à une loi d’urgence climatique et écologique. "Parce que sortir des énergies fossiles, ça ne fait pas gagner de l'argent à court terme aux gens qui ont aujourd'hui le plus de pouvoir. C'est ça la réalité", maintient Cyril Dion pour qui "la logique capitaliste, qui a décidé d'exploiter le monde vivant et de sortir du pétrole, n'est pas de son intérêt". Au sujet des responsables politiques, il souligne qu'ils "n'ont pas envie de faire des promesses qu'ils ne seront pas capables de tenir dans les 5 ans".
"Si collectivement, on ne s'organise pas pour faire en sorte de reprendre la main sur la décision et de peser, ça ne changera rien", assure-t-il, souhaitant passer par "la démocratie collective" pour faire évoluer les choses. Cyril Dion appelle donc le Parlement à légiférer au plus vite sur des mesures permettant de stopper les industries qui détruisent les conditions de vie des Français. "C'est ce qu'on a proposé à une tribune dans 'Libération' avec tout un tas de personnes", rappelle-t-il, furax contre France Inter et sa journaliste, qui n'a pas fait mention de son projet. "En sortant de cette émission, on n'avait même pas cette proposition et ça m'énerve", conclut-il.