L'équipe du "18-20" de France Inter est en deuil. Attaché de production pour l'émission, Amaury Bocher a perdu la vie, le week-end dernier. Chamboulée par cette disparition, Fabienne Sintes s'est fait la porte-voix de tout un collectif pour rendre hommage à ce journaliste de l'ombre. "Les amis, c'est bientôt l'heure du "Téléphone sonne" et avant de poursuivre, puisqu'il faut bien qu'il y ait une émission et qu'il y en ait d'autres après, il y a quelque chose d'important que je voudrais vous dire", a débuté la présentatrice, les trémolos dans la voix. Elle s'est interrompue, saisie par l'émotion, puis a commencé à lire le texte préparé pour salure la mémoire de son collaborateur. "À la radio, quand on a du chagrin, on parle, parce que c'est tout ce qu'on sait faire, et aujourd'hui, nous voulons vous parler d'Amaury", a énoncé, en pleurs, Fabienne Sintes.
Après avoir rapidement présenté aux auditeurs ce collègue et sa mission dans ce rendez-vous interactif, elle a annoncé sa mort "brutale". "On pense évidemment très fort à sa famille, à sa mère, à Astrid et Annabelle, ses sœurs, à Karline, à la radio, dont il allait être le témoin de mariage, à Juliette, dont il était très proche, à Jean, avec lequel il a partagé plus d'une bière, à Christophe, son ami de RTL qu'il connaît depuis plus de 20 ans", a souligné l'ex-matinalière de France Info. "Au 18-20, on est une toute petite équipe. Si on travaille bien sûr avec tous les journalistes de la rédaction pour fabriquer deux heures d'émission le soir, dans le bureau, on est 6. Philippe, Thomas, Nathalie, Pierre, Amaury et moi. Christelle aussi, qui n'est jamais très loin. Donc le trou qu'il laisse est béant, il y a un bureau vide dans notre petit environnement", sanglote la cheffe de bande.
Comme tous les programmateurs de l'émission, Amaury avait son style, "redoutablement efficace", celui d'un "garçon discret" formé à l'école France Info. Il "connaissait un million de chansons ringardes, encore plus que moi, ce qui est une sorte de critère sur l'échelle des chansons ringardes des années 80", se souvient sa patronne, qui partageait les chouquettes du vendredi avec ce collègue à cheval sur les déjeuners "à midi pile". "L'émission d'hier et celle de ce soir, c'est lui qui les avait programmées. Son dernier message date de vendredi, il était 20h21 : un pouce en l'air pour l'un des invités de tout à l'heure", a-t-elle continué à lire, la gorge serrée.
À lire aussi : Virée de France Inter après 25 ans d'ancienneté, Giulia Foïs réclame 300.000 euros d'indemnités aux prud'hommes
Toute chamboulée de faire remonter ces souvenirs, Fabienne Sintes a du se faire violence pour terminer son hommage. "Amaury est entré dans cette maison au bas de l'échelle, il a taillé son chemin, il ne voulait travailler nulle part ailleurs, je crois qu'il était heureux avec nous, comme nous l'étions avec lui. Et ce qu'on lui doit, c'est donc de continuer à faire des émissions, et à rester fidèles à ce que nous sommes", a-t-elle conclu.
Cette séquence est à retrouver ici en podcast.

player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2