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Daniel Daum ("Télé Loisirs") : "Les audiences télé passionnent les lecteurs"

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Daniel Daum ("Télé Loisirs") : "Les audiences télé passionnent les lecteurs"
Daniel Daum
Daniel Daum © Prisma Media
L'éditeur du pôle TV-Entertainment de Prisma Médias commente ce matin les résultats de l'étude de l'ACPM.

Ce matin, l'Alliance des chiffres de la presse et des médias a publié son étude One Global V4 2016, qui révèle les audiences print et numérique des titres de presse. La presse magazine a enregistré une hausse globale de son lectorat, notamment porté par le mobile. Premier journal télé de France, "Télé Loisirs", détenu par le groupe Prisma Médias, compte un lectorat sur cette dernière vague de 19,67 millions de personnes, soit une augmentation de 1,14 million d'individus. Selon l'enquête, le magazine télé progresse encore plus fortement sur le support mobile, avec 8,27 millions de lecteurs (+1,36 million). A l'occasion de la publication de ces études, puremedias.com a rencontré Daniel Daum, éditeur du pôle TV-Entertainment de Prisma Médias, dont "Télé Loisirs" fait partie.

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Propos recueillis par Florian Guadalupe.

"Avec le magazine papier, on a une visibilité sur une semaine de la télévision"

puremedias.com : Selon l'étude One Global V4 2016, "Télé Loisirs" gagne plus d'un million de lecteurs, comment l'expliquez-vous ?
Damien Daum : On voit bien depuis un moment que le nouveau canal du mobile est favorisé par Google, avec les mises en avant dans les recherches de l'application, dès que quelqu'un cherche via le smartphone. Nous avons travaillé dessus, avec des modifications techniques pour répondre à cette demande. Du coup, autant dire que le print, l'internet fixe et les applications ont une progression qui vient du web mobile.

C'est-à-dire qu'il n'y a pas eu moins d'investissements sur les autres supports ?
Le sujet télé intéresse encore beaucoup de monde. A chaque fois qu'il y a un nouveau canal, on essaye d'être présent pour répondre à cette demande. Partant d'un magazine, passant par le web et les réseaux sociaux, nous élargissons notre cible. Le web mobile concerne les plus jeunes. 40% des moins de 35 ans sont dans cette catégorie et c'est là où nous avons beaucoup gagné en audience.

Qu'est-ce qui différencie la version print de la version numérique de "Télé Loisirs" ? Quand on regarde les audiences sur "Télé Loisirs" avec pas moins de 20 millions de lecteurs, la duplication entre le print et le digital est très faible. Déjà, il y a encore beaucoup de régions qui ne sont pas en haut débit, en 4G ou techniquement les conditions ne sont pas réunies pour un usage rapide des supports digitaux. Il faut en tenir compte. La différence par rapport au magazine, c'est tout simplement sa fonctionnalité. Avec le mobile, vous savez tout de suite ce que vous avez ce soir à la télé mais vous n'avez aucune visibilité sur les prochains jours. Notre lectorat print, c'est l'inverse, ce sont beaucoup de gens qui choisissent leur programme avec une anticipation sur une semaine. C'est un magazine qui est acheté souvent par les femmes et lu par l'ensemble des foyers. Donc, même sur le print, on a beaucoup de jeunes lecteurs, parce qu'il y a des sujets qui sont ciblés pour eux.

"On ne va pas imposer quelque chose au lecteur, pour qu'il se fasse sa propre opinion"

Vous restez le premier magazine télé de France, qu'est-ce qui vous différencie de la concurrence ?
On a une politique d'opportunité, on essaye de suivre le comportement et les usages. Par exemple, il y a un usage Netflix qui a été lancé il y a quelques années, on en parle donc dans le print ou dans le digital. Sur le web, on a été les premiers à acheter le nom de domaine "programme-tv.net" sur lequel beaucoup d'internautes arrivent quand ils cherchent "programme tv". On est dans l'approche d'un guide télé avec un grand service, mais à la fin c'est le téléspectateur qui fait son choix. On propose aussi beaucoup de chaînes, 110 au total, c'est beaucoup plus que la concurrence. On visionne toutes les émissions, on a notre propre résumé factuel et neutre, l'offre servicielle est donc la plus exhaustive que sur le marché.

Quelle est votre stratégie sur le long terme ?
On se positionne en tant que producteur de vidéos dans cet univers web. On a racheté le Web Program Festival qui aura lieu le 21 mars 2017 à Paris au Forum des images, pour créer une plateforme de rencontres entre producteurs et diffuseurs de la vidéo, avec pour logique : comment toucher, surprendre et capter des internautes avec la vidéo ?

"En 2016, on a publié 22.000 sujets sur le web"

Quels sont les gros chantiers sur lesquels le magazine devra encore travailler ?
Nous avons déjà changé profondément l'organisation depuis quelques années, pour avoir une rédaction performante, bimédia pour plusieurs marques. Cette newsroom, créée en mai 2015, fonctionne bien et permet d'avoir des experts print et digitaux. On compte 105 journalistes avec cette vocation. En 2016, on a publié 22.000 sujets sur le web sans délaisser le magazine papier. Le premier projet, c'est d'accélérer notre production vidéo. On va créer un studio avec une équipe de production et de post-production, pour début 2017. D'autres projets en print et en digital sont en préparation avec des hors-séries et des longs-formats digitaux.

Comment expliquez-vous cet intérêt toujours présent des Français pour les magazines télé ?
C'est un grand attachement, on a grandi avec. Notre rôle est de créer cette logique d'entertainment, en mettant en avant du divertissement à la télé, un grand spectacle, mais aussi les coulisses. Les audiences, bizarrement, intéressent beaucoup de monde, ce sont les pages les plus lues dans "Télé Loisirs" ! Cet univers de la télévision et de ses acteurs des chaînes passionne beaucoup de gens. Nous devons aussi raconter des histoires, comme celle de Christian des "12 coups de midi".

Peut-on imaginer une migration totale de "Télé Loisirs" sur le numérique ?
Pourquoi abandonner un canal qui a encore beaucoup de succès, avec 7 millions de lecteurs fidèles par mois, et un modèle économique qui marche très bien ? Aujourd'hui, on ne va pas l'abandonner. Je pense que même dans dix ans, il y aura toujours une presse magazine, car le papier est une chose qui se partage plus facilement.

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