Alors que la rédaction de "Complément d'enquête" planche depuis plusieurs mois sur un numéro autour des "méthodes CNews", le groupe audiovisuel a annoncé que France 2 le diffusera ce jeudi 27 novembre, à 23h. Un timing qui peut interroger, puisque débute aujourd'hui à l'Assemblée nationale une commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public. Réclamé par le président de l’Union des droites pour la République (UDR), Eric Ciotti, ce travail parlementaire intervient après l'affaire Legrand/Cohen qui avait vu le service public et les médias privés dans le giron de Vincent Bolloré se livrer une bataille médiatique. Sont ainsi annoncés dans les couloirs du Palais Bourbon les principaux dirigeants de France Télévisions et Radio France, mais aussi des journalistes vedettes comme Patrick Cohen, Élise Lucet et Léa Salamé, de célèbres producteurs, mais aussi la ministre de la Culture, Rachida Dati.
Cette programmation ne semble pas faire l'unanimité, même au sein du diffuseur. "Le calendrier de 'Complément d’enquête' ne nous arrange vraiment pas…", peste un cadre du groupe public, cité par "Le Parisien", qui sait que ce numéro événement va délier les langues et peut potentiellement être récupérée par les députés Les Républicains, du Rassemblement national ou le mouvement d’Éric Ciotti.
D'autre part, le fait que le groupe de Delphine Ernotte diffuse cet épisode une semaine après avoir porté plainte contre CNews, Europe 1 et "Le JDD" laisse également sceptique dans les couloirs des médias de Vincent Bolloré. "Un mardi, ils nous attaquent pour dénigrement et une semaine après, ils diffusent une émission à charge. Ils sont bizarres", raille une autre source, interrogée par nos confrères. Ce porte-parole et ses collègues espèrent encore que la patronne de France Télévisons mette son véto à cette diffusion.
L'enquête, intitulée "Des infos ou désinfo ? La méthode CNews", est prévue depuis le début de l'année 2025, et avait d'ailleurs été annoncée par Tristan Waleckx dans "C Médiatique". Le 28 mars dernier, Pascal Praud avait en effet vendu la mèche dans "L'heure des pros", révélant qu'il avait été contacté par les équipes de "Complément d'enquête" pour un numéro portant sur la chaîne d'actualité du groupe Canal+. Il avait alors avancé les raisons pour expliquer son refus d'intervenir dans l'émission. Encore sollicité aujourd'hui, tout comme Sonia Mabrouk, Christine Kelly, Gauthier Le Bret et leur patron Serge Nedjar, le journaliste rejette toutes les invitations, anticipant la présence d’images compromettantes.
À défaut des stars de l'antenne, les équipes de "Complément d'enquête" ont pu interroger des habitués des plateaux enflammés de la chaîne d'information reine des audiences, comme l’avocat marqué à droite Gilles-William Goldnadel, l’ancien secrétaire d’État socialiste André Vallini ou le député macroniste Karl Olive afin de décrypter les recettes de son succès. Au programme, notamment, de ce format "des documents et témoignages internes inédits" sur "les étonnantes consignes données aux journalistes de la chaîne en pleine campagne présidentielle", ou encore "les obsessions de Pascal Praud, présentateur vedette au style pour le moins offensif, devenu symbole d’une chaîne où immigration, islam et insécurité font régulièrement la une".

player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2