Le présentateur vedette de CNews n'a pas mâché ses mots. Dans son éditorial de ce lundi, Pascal Praud a livré une charge contre les journalistes Patrick Cohen et Thomas Legrand, accusés d'avoir affiché une proximité suspecte avec des responsables socialistes dans une vidéo diffusée par le mensuel conservateur "L'Incorrect".
"Tout est dit et bien dit, notamment sur cette antenne, uniquement sur cette antenne, sur la collusion idéologique qui existe entre le parti socialiste et messieurs Cohen et Legrand", a lancé l'animateur de "L'Heure des pros". Avant d'ajouter : "Deux attachés de presse au service du PS, c'est au-delà le silence des mondes intellectuels, artistiques, médiatiques. Silence qui ne m'étonne pas. Pour tous ces gens, être de droite, c'est péché (...) La droite refuse depuis 40 ans le combat culturel et elle accepte de prendre des coups sans jamais les rendre".
Pascal Praud va même jusqu'à remettre en cause - une nouvelle fois - tout le contenu du service public : "Pour la droite, le boycott du service public est une possibilité. L'information, mais aussi la fiction, le divertissement, la variété, sont une gigantesque publicité pour le 'camp du bien' qui a libre antenne pour mener sa propagande. D'ici 2027, le combat culturel sera rude. Cette lamentable affaire Cohen-Legrand est une bande-annonce", enchaîne-t-il. Avant d'affirmer sans détour : "Tout sera fait sur les antennes du service public pour que la droite échoue et qu'un homme de gauche, Raphaël Glucksmann ou un autre, entre à l’Élysée". Puremédias vous propose de visionner la séquence dans la vidéo ci-dessus.
La controverse est née d'une vidéo tournée à l'insu de ses protagonistes, en juillet dernier, lors d'un dîner parisien réunissant Thomas Legrand, Patrick Cohen et deux responsables du PS. On y entend le premier lâcher : "Nous, on fait ce qu'il faut pour Dati, Patrick (Cohen) et moi", en référence à la ministre de la Culture et candidate Les Républicains à la mairie de Paris. Des propos dénoncés comme "graves" par Rachida Dati, qui a appelé à des sanctions : "Des journalistes du service public et 'Libération' affirment 'faire ce qu'il faut' pour m'éliminer de l'élection à Paris. Des propos graves et contraires à la déontologie qui peuvent exposer à des sanctions. Chacun doit désormais prendre ses responsabilités."
Face à la polémique, France Inter a suspendu Thomas Legrand "à titre conservatoire", sans sanctionner Patrick Cohen. La ministre, elle, a trouvé un soutien immédiat chez Pascal Praud. "Ce n'est pas un hasard si Rachida Dati est la cible de nos bouvards et pécuchets du service public. Rachida Dati est une enfant de l'immigration. (…) Elle montre par l'exemple qu'aucune fatalité n'existe. (…) L'ascension de Rachida Dati est insupportable aux yeux de Cohen et Legrand", a martelé l'éditorialiste.
Thomas Legrand a rapidement cherché à désamorcer la polémique. Dans un communiqué adressé à l'AFP, puis dans un message publié sur X, il a reconnu des propos "maladroits" mais récusé toute intention politique : "Si la tournure, extraite d'un échange tronqué et privé, est malheureuse, j'assume de 'm'occuper' journalistiquement des mensonges de madame Dati. (…) Je suis un journaliste de terrain devenu éditorialiste et j'ai, pendant 14 ans à ce poste à France Inter, pesé chacun de mes mots." Il insiste sur le fait que la discussion avait débuté par une explication tendue avec les cadres socialistes présents, mécontents du traitement de leur parti par la radio publique : "Nous n'étions pas entre amis dans un esprit de connivence, c'était tout sauf une réunion conspirative."
De son côté, Patrick Cohen a dénoncé auprès de "La Tribune Dimanche" un "vol de conversation privée" et annoncé une plainte. "Nous sommes en train de regarder si on peut l'étendre à tous ceux qui ont repris et diffusé cette vidéo", a-t-il précisé. Interrogé par l'AFP, il a ajouté : "On a pris des bouts de phrase. Il n'y a pas 20 secondes de conversation suivie. C'est complètement manipulatoire." Le PS, mis en cause par "L'Incorrect", a pour sa part dénoncé des "fantasmes complotistes", assurant qu'"aucune collusion n'existe entre le Parti socialiste et les journalistes quels qu'ils soient".
Cette polémique s'ajoute à une relation déjà tendue entre Rachida Dati et Patrick Cohen. En juin, sur le plateau de "C à vous", la ministre avait vivement pris à partie le journaliste à propos d'accusations relayées par "Mediapart" sur sa gestion lorsqu'il dirigeait la matinale de France Inter. "Vous pourriez tomber pour ce délit, monsieur Cohen. Il suffirait que je fasse un article 40", avait-elle lancé, menaçant de saisir la justice. France Télévisions et Radio France avaient alors répliqué par un communiqué commun, apportant leur soutien à leurs journalistes et rappelant que "mener des interviews contradictoires fait pleinement partie du métier de journaliste en démocratie".
Là encore, Pascal Praud avait réagi à l'antenne de CNews, sans pour autant défendre son confrère : "Rachida Dati s'est payé Patrick Cohen, un garçon qui donne des leçons à la terre entière. Peut-être que lui-même devrait balayer devant sa porte".
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