Presse
"Des méthodes abjectes" : Licencié pour "faute grave", le directeur du groupe Sud Ouest annonce saisir les prud'hommes
Publié le 3 août 2025 à 19:11
Écarté à la tête du groupe de presse bordelais, Nicolas Sterckx dénonce un licenciement injustifié et annonce une procédure devant les prud'hommes.
"Sud Ouest" "Sud Ouest"

Il était sur la sellette depuis des mois, c'est désormais acté : Nicolas Sterckx, directeur général du Groupe Sud Ouest (GSO), a été révoqué vendredi 25 juillet à l'issue de deux conseils d'administration extraordinaires. En poste depuis mars 2022, il avait été convoqué à un entretien préalable dès la mi-juin, avant d'être notifié de son licenciement pour "faute grave" le 18 juillet. 

Management "crispant", "dialogue social rompu" et "budgets irréalistes"

Selon les déclarations d'une source proche de la direction à l'AFP , "il y a eu une longue dégradation des rapports entre l'actionnaire et le directeur général, qui sont la conséquence de performances pas au niveau (...) de ce qu'il avait promis". Un motif qu'il conteste fermement. "Les griefs reprochés ne tiennent pas la route", affirme-t-il auprès du "Monde", dénonçant des "méthodes abjectes".

Sa mise à l'écart vient clore deux années tendues à la tête du groupe régional, qui édite le quotidien "Sud Ouest" mais aussi "La Charente Libre", "La République des Pyrénées," "Dordogne Libre", "L'Éclair" et la chaîne locale TV7. Le management "crispant" de l'ex-patron, son isolement croissant et ses réformes controversées ont accéléré la rupture avec la famille Lemoîne, actionnaire majoritaire. Le rachat de médias comme Placéco ou Ecrans du monde n'a pas produit les résultats escomptés, malgré un chiffre d'affaires global de 180 millions d'euros en 2024.

À LIRE AUSSI : "Sud Ouest" : La rédaction du quotidien régional en grève ce mercredi après l'annonce d'un "quatrième plan social en onze ans"

En 2024, un plan de départs volontaires a conduit à la suppression de 81 postes, dont 18 journalistes. Deux jours de grève ont perturbé la parution du journal en juin. "Le dialogue social (...) était rompu, au niveau zéro", résume auprès de l'AFP David Patsouris délégué SNJ, évoquant des "budgets irréalistes" et des relations dégradées. En arrêt maladie depuis avril pour burn-out, Nicolas Sterckx s'est défendu : "Un plan de départ, ça ne plaît jamais. Je comprends qu'après avoir restructuré une boîte, on ait envie de changer de capitaine." Il a d'ores et déjà annoncé saisir les prud'hommes pour contester son licenciement.

En attendant la nomination d'un nouveau dirigeant, la transition est assurée par Olivier Cotinat, président du conseil d'administration, qui endosse provisoirement les fonctions de DG. La direction de la Sapeso est confiée à Christophe Galichon, secrétaire général de GSO. Le groupe, qui compte environ 700 salariés dont 230 journalistes, continue de revendiquer sa rentabilité globale, malgré les turbulences internes.

Par Bruna Fernandez | Journaliste
Née à l’époque des “Inconnus”, Bruna grandit entre le Brésil et la France. Enfant, elle enrichit son imaginaire devant le grand et le petit écran. Devenue journaliste, elle passe derrière la caméra et travaille pour plusieurs émissions. Un petit monde qu’elle se plaît à décortiquer pour puremedias.
Mots clés
Presse Business
Tendances
Toutes les personnalités
Sur le même thème
France 2 annonce la date de diffusion de "Je sais pas", sa nouvelle fiction avec Lola Dewaere player2
TV
France 2 annonce la date de diffusion de "Je sais pas", sa nouvelle fiction avec Lola Dewaere
22 mars 2026
Virée de France Inter après 25 ans d'ancienneté, Giulia Foïs réclame 300.000 euros d'indemnités aux prud'hommes player2
Radio
Virée de France Inter après 25 ans d'ancienneté, Giulia Foïs réclame 300.000 euros d'indemnités aux prud'hommes
2 avril 2026
Les articles similaires
"Washington Post" : Jeff Bezos supprime 300 postes de journalistes sur 800, une reporter de guerre apprend son licenciement sur le front en Ukraine
Business
"Washington Post" : Jeff Bezos supprime 300 postes de journalistes sur 800, une reporter de guerre apprend son licenciement sur le front en Ukraine
5 février 2026
Motion de défiance chez "Challenges" et "Sciences et Avenir" contre LVMH, propriété du milliardaire Bernard Arnault
Business
Motion de défiance chez "Challenges" et "Sciences et Avenir" contre LVMH, propriété du milliardaire Bernard Arnault
11 février 2026
Dernières actualités
Dernières news