En septembre dernier, la journaliste Giulia Foïs laissait éclater sa colère. "J’ai 25 ans d’ancienneté [au sein de Radio France, ndlr], avec de multiples CDD d’usage, et l’émission s’arrête sans aucun motif, et sans proposition derrière. Je saisi les prud’hommes pour être indemnisée de cette exclusion brutale et de ses préjudices." Auprès de l'AFP, celle qui a présenté durant près de 15 ans diverses émissions sur France Inter, avait exprimé son incompréhension après la suppression de son émission "En marge" en fin de saison 2025, un programme qu'elle incarnait chaque samedi soir depuis 2022. À l'époque, la station publique avait assuré que ce choix n'avait pas été motivé par les audiences mais par un souhait de renouvellement éditorial. Giulia Foïs, elle, avait admis que d'autres projets lui avaient été proposés par la radio, mais dont les contours étaient particulièrement flous : elle les avaient tous refusés.
Ce mercredi 1er avril se tenait devant le conseil de prud’hommes de Paris l'audience opposant Giulia Foïs à son ancien employeur. La journaliste, qui était absente et représentée par son avocate Maître Davideau, a réclamé environ 300.000 euros d'indemnités au groupe public, rapporte l'AFP. Parmi les éléments réclamés par Giulia Foïs, il y a la requalification des multiples CDDU (CDD d'usage, très souvent utilisés dans les métiers de l'audiovisuel) qu'elle a enchaînés à Radio France entre 2000 et 2025, en CDI. Selon Maître Davideau, sa cliente exerçait en effet un "emploi durable" au sein de la maison de la radio. "On considère que la rupture de ce contrat est un licenciement sans cause réelle et sérieuse", a-t-elle argué durant l'audience, citée par l'AFP. L'avocate de Radio France, Maître Christine Lecomte, a elle rappelé que la loi "autorise le secteur de l’audiovisuel à signer des CDDU" et qu'en radio et en télé, les grilles de programmes évoluent. "On ne va pas tous les ans laisser la même grille pendant 45 ans", a-t-elle ajouté.
Outre la requalification de ses contrats, Giulia Foïs réclame à Radio France des rappels de salaires et de primes, ainsi qu'un dédommagement pour "préjudice moral". Citée par l'AFP, Maître Davideau a qualifié d'"inhumaine" la rupture de contrat brutale entre sa cliente et la radio publique. L'avocate de Radio France a elle demandé à ce que Giulia Foïs soit déboutée. La décision sera rendu le 1er juillet.

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