Le tournage vient de commencer mais le casting fait déjà polémique. Cinq ans après sa disparition, Gisèle Halimi doit faire l'objet d'un biopic se concentrant sur le médiatique procès de Bobigny de 1972, au cours duquel l’avocate avait obtenu la relaxe d’une mineure victime de viol et poursuivie pour "avortement". Pour incarner les traits de la militante féministe, la production du long-métrage s'est tournée vers Charlotte Gainsbourg. Mais ce choix est déjà vivement contesté. Alors qu'une pétition circule depuis une semaine pour dénoncer cette décision, Serge Halimi, le fils de Gisèle, a également exprimé son profond désaccord dans un texte publié par le média "Blast".
L'ancien directeur du "Monde diplomatique" estime que la comédienne française peut difficilement incarner sa mère après avoir co-signé, dans "Le Figaro", le 19 septembre, une tribune appelant Emmanuel Macron à conditionner la reconnaissance d’un État palestinien à la libération des otages et au démantèlement du Hamas. Or cette tribune serait, selon Serge Halimi, diamétralement opposée aux engagements politiques de sa mère, laquelle a toujours ardemment défendu les Palestiniens et a fait preuve d'une "solidarité constante avec Gaza". Il prend pour preuve un texte qu’elle avait adressé à "L'Humanité" en 2014 et dans lequel elle déclarait : "Un peuple aux mains nues est en train de se faire massacrer. L’histoire jugera, mais n’effacera pas le saccage".
Déplorant de ne pas avoir été consulté pour le choix de l'actrice, il assure que sa génitrice aurait "lu cette tribune collective avec dégoût" car "elle ne dit rien des crimes de guerre israéliens pourtant qualifiés de génocide par nombre d’organisations internationales". "Charlotte Gainsbourg vient ainsi, sans l’avoir voulu, de rappeler tout un pan trop peu connu de la vie militante de Gisèle Halimi", argumente l'écrivain et journaliste. "Le jour où le film sur le procès de Bobigny sortira, Charlotte Gainsbourg sera peut-être interrogée sur la différence fondamentale entre le personnage qu'elle interprète et ses propres convictions, qui la rangent dans le camp peu honorable des avocats inconditionnels d'Israël", conclut-il.
À lire aussi : Arthur accuse France Inter d'être "partisane" dans son traitement de la guerre à Gaza, Benjamin Duhamel le contredit
Quant à la comédienne, elle ne s'est pas encore exprimée sur cette controverse. Tous ces éléments ne devraient pas figurer dans le film dont elle doit tenir le rôle phare, qui devrait s'appeler "Gisèle". Réalisée par le tandem Lauriane Escaffre et Yvo Muller ("Maria rêve"), l'œuvre entend en effet retracer l’épisode le plus connu de la vie de l’avocate, le "procès de Bobigny", étape fondamentale dans le combat pour la légalisation de l'IVG. Sa sortie dans les salles obscures est prévue pour 2026.

player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2