En difficulté, le magazine féministe "Causette" arrête sa version papier et veut se réinventer sur le numérique

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En difficulté, le magazine féministe "Causette" arrête sa version papier et veut se réinventer sur le numérique
Par Maxime Fettweis Journaliste
Né en Belgique en septembre 1995, Maxime Fettweis a grandi avec l'arrivée de la "Star Academy", de "Koh-Lanta" ou encore de "Secret Story" sur le petit écran. Devenu journaliste, il se passionne de ce que disent les succès télévisuels de notre société et comment ils sont conçus en coulisse. Il a rejoint Puremédias en juin 2023.
La Une de l'ultime parution papier du magazine "Causette", à paraître mercredi 27 septembre.
La Une de l'ultime parution papier du magazine "Causette", à paraître mercredi 27 septembre. © Causette
Après la parution d'un ultime numéro ce mercredi, le mensuel féministe devient un pureplayer et conserve l'ensemble de ses salariés.

Une page se tourne. Après près de quatorze années de longévité et 172 numéros parus, "Causette" s'apprête à tourner la page du papier. La 173ème parution du magazine féministe, dont la Une est consacrée aux reines de "Drag Race France", est disponible en kiosque depuis ce mercredi 27 septembre. Il sera l'ultime numéro imprimé mais le travail de la rédaction continue sur internet et les réseaux sociaux.

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"Quand les contenus sont attendus, on est prêt à payer"

"'Causette' vous a toujours proposé un contenu solide, varié, original, qualités qui demandent des équipes de journalistes passionné·es et exigent·es. Aujourd'hui, pour respecter ces exigences éditoriales et maintenir notre équilibre financier, nous devons revoir notre modèle économique et supprimer les coûts les plus lourds : le papier, l'impression et l'affranchissement qui ont connu des augmentations pouvant dépasser les 100% pour certains... C'est pourquoi Causette se réinvente et passe en 100% digital", ont appris les lecteurs et lectrices du mensuel dans une lettre glissée dans leur numéro d'octobre.

Après le retrait de l'ultime numéro des kiosques, il ne sera plus possible de tourner les pages d'un nouveau numéro de la publication qui pose un regard féministe sur l'actualité. "Notre modèle était fragilisé par cette hausse des coûts alors que l'audience digitale était en hausse", commente Christine Turk, qui a endossé le rôle de directrice éditoriale et digitale de "Causette" depuis près d'un mois. "Il y a des modèles qui fonctionnent bien comme 'Médiapart', 'Les jours'. On pourrait aussi citer les exemples de Netflix ou Disney + qui sont aussi des acteurs payant même si les contenus sont différents. Quand les contenus sont attendus, on est prêt à payer. 'Causette' est basé sur un modèle engagé d'information générale dont le sujet central est le féminisme."

De nouveaux contenus digitaux

Les neuf salariés qui travaillaient à la parution mensuelle seront redéployés "en cohérence avec le changement de stratégie". "On a fait un switch des équipes, précise la directrice de la rédaction. On va continuer à écrire nos papiers de reportages avec notre équipe historique pour conserver un contenu digital solide. L'équipe qui fait 'Causette' depuis toutes ces années reste en place !"

Ce virage verra les contenus audiovisuels et destinés à Instagram, Facebook et X - le nouveau nom de Twitter - renforcés. Le média se déploiera aussi prochainement sur TikTok et Snapchat. La direction espère convaincre ses lectrices et lecteurs et conquérir un nouveau public. "En plus de la hausse des coûts, on avait besoin d'aller parler au plus grand nombre en allant sur un univers où le public et plus large, alors que beaucoup de nos lecteurs et lectrices sont digital native", abonde Christine Turk. Elle assure que ce virage repose sur "un modèle plus performant et plus équilibré" et permettra de "maintenir un journalisme de qualité pour parler de ce sujet important qu'est le féminisme". Le magazine table sur une hausse de 5% de son nombre d'abonnés.

Si la parution mensuelle s'arrête, la rédaction n'exclut pas de publier à nouveau des hors-série en format physique. "On n'est pas dogmatiques", insiste la directrice de la rédaction en précisant que "la réflexion arrivera par la suite". Pour l'instant, les équipes sont mobilisées à déployer des contenus digitaux de qualité et adaptés aux nouveaux usages et formats.

"Publication d'intérêt politique et général"

Le magazine Causette est apparu en kiosque le 8 mars 2009 à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Dès ses débuts, la rédaction a affiché son étiquette féministe sans pour autant s'enfermer dans le sens strict du terme. L'ambition était de considérer les femmes non comme des consommatrices alors qu'il s'agissait de la tendance pour la presse adressée à un public féminin à cette époque. "Causette" avait pour ambition de considérer ses lectrices et lecteurs comme "des êtres sociaux doués d'intelligence et de subjectivité, intéressés par le monde qui les entoure et envieux de passer un bon moment". Le mensuel sera racheté en 2018 par le groupe Hildegarde, actif dans la production audiovisuelle, la littérature et la presse avec "Le Film français" et "Première".

Désormais tiré en moyenne à 130.000 exemplaires - chiffre que la rédaction refuse de confirmer -, il était diffusé dans toute la France, en Belgique, en Suisse et au Québec. D'abord bimestriel, le magazine avait revu son rythme de parution en septembre 2011 pour devenir mensuel. En février 2012 "Causette" avait été déclaré "publication d'intérêt politique et général" par le ministère de la Culture, alors géré par Aurélie Filipetti. Il s'agit du seul magazine adressé à un public féminin ayant reçu cette distinction.

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