À l'aube de souffler ses 70 bougies, l'Eurovision traverse l'une des pires crises de son histoire. Depuis que les organisateurs de l'événement ont annoncé le maintien de la participation d'Israël au concours de mai prochain, le Vieux Continent se fracture au sujet de cette décision controversée. Cinq pays - dont l'Espagne, membre du Big-Five du show - ont annoncé qu'ils ne se rendraient pas à Vienne, en Autriche, au printemps, sur fond de critiques de la guerre à Gaza mais aussi d’accusations d’irrégularités dans les votes lors des précédentes éditions. La France, par la voix de la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, a décidé de "ne pas s'engager dans la voie du boycott", en raison de l'adoption d'une série de nouvelles mesures concernant le système de suffrage à l'Eurovision.
Nemo, grand vainqueur de la précédente édition, ne partage pas cette position. Compte tenu du contexte géopolitique, son sacre n'est plus une fierté, et l'artiste suisse a annoncé renoncer à son prix en protestation à la participation de l'état hébreu à la compétition. "L'année dernière, j'ai remporté l'Eurovision et avec lui, j'ai gagné le trophée. Et même si je suis immensément reconnaissant envers la communauté qui entoure ce concours et tout ce que l'expérience m'a apporté en tant que personne et artiste, aujourd'hui, je pense que ce trophée n'a plus sa place sur mon étagère", a écrit l'interprète de "The Code" sur Instagram, le jeudi 11 décembre.
"L'Eurovision dit défendre l'unité, l'inclusion et la dignité pour tous. Ces valeurs ont fait l'importance de ce concours pour moi", continue-t-il, estimant que "la participation maintenue d'Israël, alors que la Commission d'enquête internationale indépendante des Nations unies a conclu à un génocide, montre un conflit évident entre ces idéaux et les décisions prises par l'UER", l'Union européenne de radio-télévision, qui organise le plus grand concours musical télévisé.
L'adversaire de Slimane lors de l'édition suédoise a exprimé ses regrets en dénonçant une hypocrisie des organisateurs de l'Eurovision. "Le concours a été utilisé à plusieurs reprises pour adoucir l’image d’un État accusé de graves exactions, tandis que l'UER insistait sur le fait que l’Eurovision était 'apolitique'. Lorsque des pays entiers se retirent, il est évident que quelque chose ne va pas du tout. C’est pourquoi j’ai décidé de renvoyer ce trophée au siège de l’UER à Genève, avec gratitude et un message clair : incarnez vos valeurs", a conclu Nemo, avant de déposer la fameuse récompense dans une boîte. Son pays, la Suisse, n'a pas annoncé son intention de boycotter l'édition.

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