Les campagnes de désinformation se multiplient à l'approche de l'élection présidentielle de 2027. Ce jeudi, BFMTV a dénoncé la diffusion de faux contenus reprenant son identité visuelle et annoncé le lancement d'une procédure judiciaire.
Dans un communiqué publié sur le réseau social X, la chaîne d'information condamne sans détour ces pratiques : "BFMTV condamne fermement la diffusion sur les réseaux sociaux de faux contenus usurpant son identité visuelle, dans le cadre d’une campagne de désinformation visant Gabriel Attal. Ces contenus n'ont jamais été produits ni diffusés par BFMTV. Des démarches sont engagées auprès des plateformes pour obtenir leur retrait et une action en justice est en cours."
Selon les informations communiquées mercredi par l'entourage de Gabriel Attal, le candidat de Renaissance à la présidentielle de 2027 est la cible d'une opération d'ingérence numérique attribuée à la Russie. Le service français Viginum, chargé de lutter contre les ingérences numériques étrangères, a confirmé avoir détecté cette campagne et l'attribue, avec un "niveau de confiance élevé", au réseau prorusse Matriochka.
Les contenus incriminés reprennent l'habillage graphique de plusieurs médias français afin de leur donner une apparence crédible. BFMTV n'est pas le seul concerné : RFI, "Le Parisien", "Ouest-France", "Libération", France 24 et même l'AFP ont également vu leur identité visuelle usurpée. Ces faux contenus affirmaient notamment que Gabriel Attal présenterait "des signes de la maladie de Parkinson" ou encore qu'il défendrait une politique plus favorable aux squatteurs de logements vacants. Autant d'informations entièrement fabriquées.
Le mode opératoire de Matriochka est désormais bien identifié par les spécialistes. Depuis 2023, ce réseau diffuse de faux contenus de manière coordonnée sur les réseaux sociaux avant d'interpeller directement des journalistes ou des médias afin qu'ils relaient ou démentent ces intox, dans le but d'amplifier leur visibilité. Cette stratégie avait notamment été observée lors des Jeux olympiques de Paris 2024.
L'affaire intervient quelques jours seulement après deux autres campagnes similaires. L'eurodéputé Raphaël Glucksmann a révélé avoir été visé par une opération attribuée au groupe prorusse Storm-1516, tout comme Édouard Philippe auparavant.
Dans le cas de Raphaël Glucksmann, de faux contenus reprenaient l'identité graphique du média "Blast" et accusaient sa compagne, Léa Salamé, de corruption afin de favoriser sa candidature à la présidentielle. Une vidéo générée grâce à l'intelligence artificielle imitait notamment la voix d'un journaliste, tandis qu'un faux site reproduisait fidèlement l'apparence de "Blast".Le média indépendant a immédiatement dénoncé cette usurpation et annoncé le dépôt d'une plainte pour contrefaçon et usurpation d'identité. Les journalistes Edwy Plenel et Salomé Saqué, cités dans ces faux documents, ont eux aussi démenti leur authenticité.