Frédéric de Vincelles : "Avec M6+, l'objectif est de réaliser un milliard d'heures consommées annuellement"

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Frédéric de Vincelles : "Avec M6+, l'objectif est de réaliser un milliard d'heures consommées annuellement"
Par Florian Guadalupe Journaliste
Passionné de sport, de politique et des nouveaux médias, Florian Guadalupe est journaliste pour Puremédias depuis octobre 2015. Ses goûts pour le petit écran sont très divers, de "Quelle époque" à "L'heure des pros", en passant par "C ce soir", "Koh-Lanta", "L'équipe du soir" et "La France a un incroyable talent".
Frédéric de Vincelles, directeur général des programmes en charge des plateformes et du sport à M6
Frédéric de Vincelles, directeur général des programmes en charge des plateformes et du sport à M6 © Léa Crespi / PascoCo / M6
À l'occasion du lancement de la plateforme M6+, Frédéric de Vincelles, directeur général des programmes en charge des plateformes et du sport au groupe M6, accorde un entretien à puremedias.com.

C'est le nouveau challenge du groupe. Ce mardi 14 mai 2024, la plateforme M6+ a été officiellement lancée en ligne. Avec cette nouvelle structure, le groupe désormais dirigé par David Larramendy espère prendre une nouvelle dimension. Exit 6play, place à M6+, une plateforme contenant des films, des séries, des programmes, du live et de nouvelles fonctionnalités. Pour en parler, Frédéric de Vincelles, directeur général des programmes en charge des plateformes et du sport, a accordé un entretien à puremedias.com.

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Propos recueillis par Florian Guadalupe.

puremedias.com : Quelle est l'ambition de M6+ ?
Frédéric de Vincelles : Nous avons annoncé une ambition chiffrée assez claire. Nous voulons doubler les performances de la plateforme en heures consommées, et donc atteindre 1 milliard d'heures annuellement, et nous voulons tripler le chiffre d'affaires pour atteindre 200 millions d'euros en 2028, tout en dépensant à terme de l'ordre de 100 millions d'euros supplémentaires par an d'ici 2028 pour la plateforme. L'ambition est de changer de dimension. Pour cela, il nous est apparu qu'il fallait accompagner ce changement de dimension par un changement de nom pour marquer la différence entre 6play et M6+. Cette plateforme répond à la stratégie du groupe. Aujourd'hui, elle fonctionne sur deux jambes : le linéaire et le streaming, qui sont co-gérés conjointement.

Ils ont dit
"Nous voulions absolument lancer cette plateforme avant l'Euro 2024"
Frédéric de Vincelles

A qui s'adresse cette stratégie ?
Avec le linéaire et le streaming, nous nous adressons au "nouveau téléspectateur". Ce "nouveau téléspectateur" est un téléspectateur assez fluide, un téléspectateur qui aime avoir le choix, celui par exemple de regarder "Mariés au premier regard" à la télé à 21h10 le lundi soir mais qui peut aussi avoir envie de regarder le même programme en avant-première sur la plateforme. Typiquement, ce téléspectateur fluide surfe sur ses différents devices, il passe de sa télévision connectée à son mobile, de son mobile à son ordinateur. Il regarde en avant-première mais il aime aussi qu'on lui permette, sur certains programmes, de consommer en binge (mise à disposition immédiate de l'intégralité des épisodes d'une saison). Il nous faut nous adapter aux nouveaux usages et aux nouveaux désirs des téléspectateurs, qui consomment désormais en linéaire et en streaming.

Pourquoi ce choix de lancement à la mi-mai 2024 ?
Ce lancement demande un travail considérable notamment pour assurer sa fiabilité technique mais aussi pour constituer le catalogue des programmes qui est beaucoup plus important que sur 6play. Nous allons doubler le nombre d'heures disponibles. Nous allons atteindre un catalogue de 30.000 heures de programmes, dont 10.000 heures inédites et spécifiques à la plateforme. A l'inverse, nous voulions absolument lancer cette plateforme avant l'Euro 2024 qui démarre le 14 juin. Nous savons qu'un événement comme l'Euro est un événement durant lequel beaucoup de gens vont se connecter à M6+ pour regarder les matchs en live. Quand il y a les matchs à 18h durant l'Euro, les gens ne sont pas forcément chez eux. La seule façon de regarder gratuitement le match est de se connecter à M6+ et le regarder sur son téléphone, sa tablette ou son ordinateur. Il y aura beaucoup de trafic. Nous voulons profiter de ce trafic pendant la compétition pour enrichir la base des utilisateurs de M6+ et leur faire découvrir à cette occasion l'étendue de notre offre de programmes.

Ils ont dit
"Nous profitons de la synergie du groupe pour intégrer de l'audio dans M6+"
Frédéric de Vincelles

Comment M6+ va se différencier de 6play et des autres plateformes des groupes audiovisuels ?
La différenciation avec 6play est triple : à la fois dans la dimension technique de plateforme, ses fonctionnalités et son expérience utilisateur mais aussi dans la dimension contenus et programmes et enfin dans la largesse de diffusion de M6+, visible et consommable par beaucoup plus de gens que ne pouvait l'être 6play, notamment sur les télévisons connectées où M6+ est disponible sur 95% du parc dès son lancement.

Quelles sont les améliorations en plus sur la plateforme ?
Sur la plateforme, il y a des améliorations très notables par rapport à 6play. A l'occasion de l'Euro, il y a aura la fonctionnalité "Fan Expérience" qui va permettre de regarder les matchs en live avec un accès aux statistiques autour du match. Autre amélioration innovante, c'est le moteur de recherche qui sera déployé au second semestre. Il s'appuie sur l'intelligence artificielle. Il permet de trouver des programmes sur la plateforme avec des critères très précis. Si je veux regarder une comédie française avec ma fille de 12 ans et un film qui dure de moins de deux heures, la plateforme va me faire une recommandation des films disponibles qui correspondent à la demande. C'est ce qui se fait de mieux aujourd'hui en matière de moteur de recherche. Il y a également des contenus verticaux, qu'on appelle les "stories" ; c'est un usage de format court, un peu comme un réseau social le ferait. Nous intégrons aussi des podcasts audios, nous nous inspirons de ce que font nos cousins allemands avec RTL+. La plupart de ces podcasts proviennent de notre radio RTL ; nous profitons de la synergie du groupe pour intégrer de l'audio dans M6+.

Ils ont dit
"60% des utilisateurs de M6+ ont moins de 50 ans et un tiers des utilisateurs ont même moins de 35 ans"
Frédéric de Vincelles

A quoi vont ressembler les contenus de M6+ ?
Nous avons un enrichissement très fort. Nous aurions pu appeler la plateforme M6++++, parce qu'il y a beaucoup de choses en plus. Nous aurons 30.000 heures de programmes disponibles, 10.000 heures inédites, plus de 300 films, 320 séries sur la plateforme. Nous achetons des programmes spécifiques pour la plateforme, des programmes qui ne sont pas diffusés sur les antennes linéaires. Par exemple, en matière de séries, nous avons une très belle offre nous achetons des séries de catalogue comme "Loïs et Clark", l'intégrale de "Charmed" ou "Good Wife". Nous faisons aussi découvrir gratuitement des séries issues des plateformes comme "La fabuleuse Mrs Maisel" ou "Modern Love" avec Anne Hattaway... Nous achetons aussi du cinéma. M6+ proposera notamment la saga "Die Hard" et "Top Gun Maverick". Nous faisons également produire des émissions spécifiques comme notre feuilleton quotidien de série-réalité, "C'est la famille", qui marche très bien.

Vous avez également annoncé une édition des "Traîtres" diffusée uniquement sur M6+.
La grande différence entre M6+ et les chaînes linéaires du groupe, c'est la différence entre l'âge moyen à la télévision et l'âge moyen des utilisateurs de la plateforme. Ils sont beaucoup plus jeunes sur M6+ puisque 60% des utilisateurs ont moins de 50 ans et un tiers des utilisateurs ont même moins de 35 ans. Nous tenons compte de cela quand nous produisons des émissions en cherchant à nous adresser à un public un peu plus jeune notamment à travers les séries-réalité. C'est aussi ce que nous allons faire avec les "Traîtres" en produisant une saison inédite pour M6+. Ce sera dans le même décor avec Eric Antoine à la présentation, mais un casting de participants un peu plus jeune.

Ils ont dit
"Le dispositif de 'Qui veut épouser mon fils ?' n'est pas encore arrêté"
Frédéric de Vincelles

Y a-t-il d'autres productions exclusives à M6+ ?
La différence entre le streaming et le linéaire, c'est que le linéaire est du broadcast et le digital de l'unicast. En télévision, on essaye en permanence de faire s'asseoir devant l'écran le maximum de monde et donc on cherche des programmes familiaux, le plus large possible. Quand on fait du streaming, on cherche évidemment à avoir le maximum de personnes aussi, mais on s'autorise à travailler des niches spécifiques et des segments un peu plus précis. Nous avons cherché à travailler le segment des hommes et nous avons développé un programme qui s'appelle "MMA Academy" afin de trouver la nouvelle star du MMA. Nous le faisons en partenariat avec Jérôme Le Banner, qui a monté sa licence de MMA, "King of Fighters".

Le retour de "Qui veut épouser mon fils ?" est aussi sur M6+ ?
On réfléchit encore à la façon d'optimiser au maximum la programmation de cette émission qui s'annonce comme un réel événement tant le casting donne envie. Avant-première M6+ et diffusion linéaire ou exclusivité M6+, le dispositif n'est pas encore arrêté. Nous allons chercher à avoir la meilleure exposition possible et toucher le plus grand nombre. Nous avons à notre disposition des antennes télé et une plateforme de streaming, c'est désormais le quotidien de la direction des contenus, sous l'égide de Guillaume Charles, que de réfléchir à la meilleure façon d'exploiter nos contenus sur nos différents supports et ainsi optimiser le reach et les audiences, ce n'est plus de simplement programmer en télévision les sept jours de la semaine mais d'avoir une vision globale de tous nos canaux de diffusion et comment exploiter au mieux nos contenus.

Qui animera l'émission ?
Ce sera Delphine Wespiser.

Ils ont dit
"C'est aussi notre stratégie de conquérir un peu plus le public masculin"
Frédéric de Vincelles

A quoi va ressembler le partenariat avec "Le Gorafi" ?
Nous diffuserons le premier JT du "Gorafi" ce vendredi 17 mai, soit trois jours après le lancement. L'idée est de surfer sur l'humour. C'est un élément important dans l'ADN de M6+, qui se veut une plateforme moderne et impertinente. De plus, l'humour est un genre un peu plus masculin que féminin en télévision. C'est aussi notre stratégie que de conquérir un peu plus le public masculin. Dans les programmes d'humour, nous avons aussi capté un spectacle d'Ilyes Djadel à Lille. Et nous avons noué un partenariat avec le "Goku Comedy Club" d'où nous allons capter des spectacles de stand-up avec la scène montante de l'humour.

Vous avez également cherché à rendre davantage accessible M6+ par rapport à 6play.
Oui, c'est un élément fondamental dans la stratégie de M6+. Jusqu'à présent, outre les box opérateurs, 6play était visible sur les ordinateurs, les tablettes et les téléphones. Dans ces univers-là, c'était une version un peu plus restreinte. Il y avait 7 jours de catch-up contre 30 jours chez les opérateurs dans les box des télécoms. Il n'y avait pas tout le catalogue. A présent, nous avons des nouveaux accords avec les opérateurs, qui permettent d'élargir l'offre dans ces devices-là et qui permettent également de proposer M6+ dans les télévisions connectées ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent. A présent, ce sera possible avec M6+. C'est une vraie différence très significative dans l'expérience de M6+.

Il y a une offre gratuite, mais également une offre premium.
Oui, il y a une option de confort, M6+ Max, qui permet principalement d'offrir une utilisation sans publicité mais aussi du téléchargement et un accès en avant-première à certains programmes télés. Le tarif reste à 4,99 euros par mois.

Ils ont dit
"S'il y avait eu un rapprochement avec TF1, il y aurait eu un autre plan de bataille mixant sûrement AVOD gratuite et offre SVOD avec Salto"
Frédéric de Vincelles

La plateforme M6+ est-elle née de l'échec du rapprochement avec TF1 ?
Non, mais s'il y avait eu un rapprochement avec TF1, il y aurait eu un autre plan de bataille mixant sûrement AVOD gratuite et offre SVOD avec Salto. Comme cela ne s'est pas fait, nous avons considéré que nous restions focus sur notre métier : proposer les meilleurs contenus gratuitement en se finançant avec la publicité. Nous ne faisons que de l'AVOD, pas de modèle payant, outre l'option de confort.

A présent, vos concurrents, c'est TF1+ et france.tv ou Netflix, Disney+ et Amazon Prime Video ?
Toutes ces plateformes captent du temps d'attention et sont donc des concurrents. Mais si on doit parler de bassin de concurrence, nos concurrents sont plutôt les plateformes qui fonctionnent sur le même modèle que le nôtre en proposant des programmes gratuits et de la publicité.

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