Vincent Vantighem, spécialiste police-justice de BFMTV, a récemment été condamné par la justice pour "recel de violation du secret professionnel", écopant de 4 mois de prison avec sursis et 4.000 euros d'amende. Les faits, remontant à 2021, concernent des images diffusées par le canal 13 de la TNT après une tentative d’évasion d’une détenue de la prison de Fresnes. Ce dossier était connu de son employeur, chez qui il officie toujours, mais pas des membres de la rédaction ni de la Société des journalistes, du moins jusqu'à aujourd'hui et la publication de l'article par nos confrères d'"Arrêt en images".
Ce jeudi midi, le collectif, désormais au courant, a écrit un communiqué pour "apporter son soutien plein et entier" au journaliste du groupe. "Notre collègue fait son travail de journaliste avec la plus grande rigueur. Les informations qu'il a révélées étaient précises et exactes", écrit la SDJ, défendant "le principe du secret des sources", qui est "fondamental et essentiel" dans la profession de journaliste. "Heureux d'avoir engagé Vincent Vantighem à BFMTV. Il prouve tous les jours que c'est un excellent journaliste. Soutien total", abonde Marc-Olivier Fogiel, ancien DG de la chaîne, à l'origine de son recrutement.
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Le 16 novembre 2021, le reporter et transfuge de "20 minutes" avait détaillé minutieusement la rocambolesque tentative d'évasion d'une détenue depuis la prison de Fresnes, en région parisienne. Pour ce faire, il avait utilisé des images de vidéosurveillance qui n'avaient été dévoilées par aucun autre confrère avant lui. Selon les révélations d'"Arrêt sur images", cet extrait provenait en réalité "d'un rapport confidentiel établi par le chef d'établissement du centre pénitentiaire de Fresnes, couvert par le secret professionnel." Pour obtenir ces fameuses images, Vincent Vantighem est passé par l'intermédiaire d'une magistrate, qui n'était autre que sa concubine de l'époque. "Cela pose également des questions déontologiques - qui ne relèvent pas de la compétence d'un tribunal, mais qui n'en sont pas moins importantes. Par exemple : est-ce qu'en journalisme, un·e conjoint·e peut être une source ? [Vincent] Vantighem n'a-t-il pas songé à protéger sa source, lorsqu'il a diffusé des informations obtenues par 'violation du secret professionnel' ?", pose ainsi la journaliste du site, Pauline Bock, qui a enquêté sur le dossier.
À la suite de la diffusion de cette séquence à l'antenne de BFMTV, l'administration pénitentiaire avait porté plainte contre "X". Plainte débouchant sur la mise en examen du grand reporter et de sa source, qui ont été entendus en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité en avril 2025 devant le tribunal de Versailles. "Vincent Vantighem comprend la décision de justice et n'aspire qu'à pouvoir poursuivre, sereinement, l'exercice de son métier", ont réagi ses avocats, Mes Christophe Ingrain et Benoît Martinez.
La direction de BFMTV a quant à elle déclaré à l’AFP avoir "été informée de cette situation l’an dernier". "BFMTV respecte strictement le principe de protection des sources et ne demande jamais à ses journalistes d’en révéler la nature", a-t-elle déclaré, ajoutant qu’elle prenait "acte de la décision de justice, dont les termes n’empêchent pas l’exercice de la profession de journaliste".

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