Ce samedi 24 janvier, CNews proposait un nouveau numéro de son émission de débats "Punchline", animé ce jour-là par le journaliste Thierry Cabannes. Pour cette émission, le présentateur était accompagné en plateau du publicitaire Frank Tapiro, des journalistes Catherine Rambert et Olivier Benkemoun, du spécialiste police-justice de CNews Tanguy Hamon et de l'ancien avocat Arno Klarsfeld. Au menu des discussions autour de la table ce samedi 24 janvier : la libération du patron du bar Crans-Montana, l'affaire de l'assassinat du jeune Elias il y a un an à Paris, et la mort d'une jeune maman dans sa voiture en pleine ville de Nice, la semaine dernière.
Dans cette dernière affaire, un suspect, le beau-père du compagnon de la jeune Lizabete, a été arrêté ce même samedi 24 janvier et mis en examen pour assassinat avant d'être placé en détention provisoire. Interrogé par Thierry Cabannes sur ce sujet, l'ancien avocat Arno Klarsfeld a pris la parole pour commenter ce tragique drame intrafamilial. "[Le suspect] est en situation irrégulière et il est mentionné "Shengen", c'est-à-dire dire qu'il a dû être refusé dans un autre Etat et il est rentré en France. C'est compliqué de se débarrasser de tous les asociaux qui sont OQTF [soumis à une obligation de quitter le territoire français, ndlr]. Regardez ce que fait Trump aux Etats-Unis : il a décidé un politique dure, d'envoyer des forces qui sont dures et qui commettent parfois des erreurs. Si on veut se débarasser ds OQTF, il faut organiser comme fait Trump avec ICE des sortes de grandes rafles un peu partout. Et en organisant de grands rafles, c'est-à-dire en essayant d'attraper le plus d'étrangers en situation irrégulière, on comment aussi des injustices, on ne peut pas faire ça sans commettre, parfois, des injustices." Des propos qui interviennent quelques jours à peine après la mort à Minneapolis de deux citoyens américains, Renee Good et Alex Pretti, tués par la police de l'immigration américaine, l'ICE.
Une déclaration qui a suscité l'indignation de nombreux téléspectateurs, dont certains, comme le député LFI de Seine-Saint-Denis Thomas Portès, qui ont décidé d'alerter le régulateur de l'audiovisuel. "Je saisi immédiatement l'Arcom et la procureure de la République de Paris au titre de l'article 40", a écrit le politique sur le réseau social "X". "Les appels à organiser des rafles d’Arno Klarsfeld ne peuvent passer : la loi du 24 juillet 1881 permettra de condamner sa provocation à la discrimination, la haine et la violence, mais aussi l’apologie de crime. Je saisis le procureur de la République, a de son côté écrit le patron du PS Olivier Faure. "Entendre Arno Klarsfeld employer à deux reprises le mot "rafle" pour désigner des êtres humains fait frémir, a commenté le journaliste Jean-Michel Aphatie. Son héritage, son histoire, tout est-il perdu ? Sur le plateau de CNews, personne ne réagit. La pensée raciste voile les intelligences."
Dimanche 25 janvier, Arno Klarsfeld est revenu, sur le réseau social X, sur ses déclarations de la veille et notamment sur l'emploi du terme "rafle". "Verbatim ci- bas des propos tenus sur Cnews qui décrivaient la situation aux USA et les injustices qui étaient nécessairement commises quand Trump mène une politique dure contre l’immigration illégale, a-t-il écrit. Sur le mot "rafle" il suffit de se rapporter au dictionnaire et ce n’est pas la même chose d’arrêter des étrangers qui ont commis des crimes et de les renvoyer éventuellement chez eux que de s’emparer d’enfants juifs et de les envoyer à Auschwitz où ils seront gazés" a-t-il ajouté, avant de réévoquer ses propos sur les OQTF et les drames de Minneapolis.

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