Aymeric Caron est allé au bout de sa démarche et a obtenu gain de cause. Le 8 avril dernier, l'électron libre de la galaxie insoumise avait saisi l'Arcom et ses avocats pour répliquer à une séquence diffusée sur CNews qui l'avait particulièrement choqué. Dans "L'heure des pros 2", Yoann Usai s'était en effet lancé dans une invective contre une action collective des députés LFI, lesquels avaient brandi des affiches montrant les visages d'enfants palestiniens dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. "Ce type est une ordure, pas un journaliste", avait lancé l'ex-chroniqueur d'"On n'est pas couché" sur X, déplorant aussi le fait que Pascal Praud n'ait en aucun cas modéré les débats en plateau.
Neuf mois plus tard, le gendarme de l'audiovisuel a rendu son verdict et a rappelé à l'ordre la chaîne d'information en continu après avoir examiné l'extrait vidéo. "L'Arcom a estimé que certains des propos tenus au cours de la séquence ici en cause, en particulier ceux vous attribuant une indifférence idéologique à la situation des otages israéliens et à la mort de personnes de confession juive, et notamment des enfants, étaient de nature à constituer une atteinte aux droits de la personne relatifs à votre honneur et à votre réputation", peut-on lire dans l'ordre du jour daté du 9 janvier. L'autorité a également relevé que Pascal Praud et les chroniqueurs n'avaient "modéré ou mis en perspective ces déclarations", ce qui équivaut à un défaut de maitrise de l'antenne. En conséquence, CNews s'en tire avec un nouveau rappel à l'ordre et la consigne de "respecter, à l'avenir, les obligations précitées".
Pour Aymeric Caron, ce nouveau blâme traduit le fond de sa pensée sur la chaîne du groupe Canal+ mais aussi sur l'institution de régulation. "Malgré, sa timidité et son manque de courage, l'Arcom confirme que CNews est une honte", a écrit le député de la France Insoumise sur le réseau social X. Il a rappelé que "le blablateur" Yoann Usai avait "diffamé" son parti "de la pire des manières" et sous-entend que la sanction aurait dû être plus sévère à l'encontre de son employeur.
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Yoann Usai avait fait appel aux services de Gilles-William Goldnadel, avocat invité régulièrement sur CNews pour défendre ses intérêts. "Le député d’extrême-gauche Aymeric Caron ayant gravement injurié le journaliste Yoann Usai, celui-ci m’a demandé de porter plainte à son encontre. La complaisance d’une partie des médias confère un sentiment d’impunité. À tort. Comme il le verra", a exprimé l'homme de droit dans un communiqué.
Il avait également répondu à Aymeric Caron en assurant avoir effectué son travail de journaliste et donc s'appuyer sur des faits concrets pour asséner ses propos. "Donc je prends le pari, M. Caron ne déposera pas plainte. Et s'il déposait plainte, évidemment, je suis absolument convaincu de gagner. Néanmoins, je veux lui dire, et je veux dire aux membres de la France insoumise, que malgré leurs menaces, malgré leurs intimidations, je continuerai à faire mon travail de journaliste", avait-il indiqué. L'Arcom, pas compétente sur le sujet, ne s'est pas prononcé sur le caractère possiblement diffamatoire de cette séquence, et laisse la justice trancher.

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