Instagram : Pourquoi les likes disparaissent-ils ?

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Instagram : Pourquoi les likes disparaissent-ils ?
Instagram fait disparaître les likes
Instagram fait disparaître les likes © Abaca
L'application étend au monde entier son expérimentation de la disparition du nombre de "likes".

Révolution copernicienne chez Instagram. Hier, la plateforme, propriété de Facebook, a annoncé l'extension de son expérimentation visant à masquer les "J'aime" sur les photos publiées par ses utilisateurs. "À compter d'aujourd'hui, nous élargissons notre test de décompte privé des likes au monde entier. Si vous faites partie de l'expérimentation en cours, vous ne verrez plus le nombre total de likes et de vues sur les photos et vidéos à moins que vous ne les ayez postés" a expliqué l'application dans un tweet adressé à ses utilisateurs.

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Jusqu'à présent, ce test, annoncé dès le mois de juillet, avait été effectué uniquement dans six pays : l'Australie, l'Italie, l'Irlande, le Japon, le Brésil et la Nouvelle-Zélande. Un test qui s'est avéré "positif" selon Instagram, d'où la globalisation. Depuis quelques heures, certains utilisateurs français d'Instagram ne peuvent donc plus voir le nombre de likes et de vues sur les publications des autres usagers dont ils suivent l'activité. À terme, c'est vers une suppression des likes à tous les utilisateurs que se dirige la filiale de Facebook.

Risques avérés pour la santé mentale

L'été dernier, dans une déclaration, un porte-parole d'Instagram avait expliqué : "Nous faisons cette expérience parce que nous souhaitons que nos utilisateurs se concentrent sur les photos et les vidéos partagées, pas sur le nombre de likes qu'ils recueillent. Nous ne voulons pas qu'Instragram donne l'impression d'être dans une compétition". En d'autres termes, Instagram semble vouloir montrer sa réceptivité aux critiques de ce que certains appellent "la dictature du like" et atténuer son potentiel impact sur la santé mentale de ses utilisateurs.

Le cerveau peut interpréter le "like" comme une récompense et engendrer la sécrétion de dopamine, la molécule du plaisir. Un circuit dit "de la récompense" qui peut favoriser les comportements addictifs et dépressifs. En 2017, une étude menée par la Royal Society for Public Health avait classé Instagram comme le pire réseau pour la santé mentale des jeunes aux Royaume-Uni. Un autre rapport conduit par le Pew Research Center en 2018 aux États-Unis avait montré que 72% des adolescents du pays utilisaient l'application de photos et que près de 40% d'entre eux se sentaient obligés de ne partager que les contenus ayant rassemblé beaucoup de likes ou de commentaires.

Quelle solution pour les influenceurs ?

Mais il reste une épineuse question à résoudre pour Instagram. Derrière le "like", se cache désormais toute une économie qui fait vivre de nombreux "influenceurs". S'ils continueront de connaître leur propre niveau de "popularité", celui-ci ne sera plus directement visible aux yeux des annonceurs. L'application assure avoir conscience de cette problématique et indique réfléchir "activement" à une solution pour que les influenceurs puissent faire connaître leur valeur à leurs partenaires publicitaires.

Avec cette expérimentation, avant potentielle application généralisée, Instagram s'inscrit dans un mouvement de fond. Décrié, le "like" n'a plus la côte. Depuis la rentrée, Facebook, la maison-mère d'Instagram, teste en Australie le masquage du nombre d'interactions (likes, réactions, visionnages) sur chaque publication. La question est aussi sur la table du côté de YouTube, premier réseau de partage de vidéos au monde. La plateforme, propriété de Google, teste une fonctionnalité permettant de diminuer l'importance du nombre d'abonnés à une chaîne. Enfin, le "Like" pourrait aussi être remis en question du côté de Twitter. En avril, Jack Dorsey, son créateur, avait déclaré : "Si je devais tout recommencer, je ne mettrais pas autant en avant le nombre d'abonnés. Je ne mettrais pas non plus en avant le nombre de likes".

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