Alors qu'il vient de sortir son tout dernier ouvrage "Ibiza a beaucoup changé" début avril aux éditions Albin Michel, Frédéric Beigbeder a appris avec stupeur le licenciement le 14 avril d'Olivier Nora des éditions Grasset. Une nouvelle qui l'a décidé, comme une grosse centaine d'auteurs, à quitter la maison d'édition au sein de laquelle il a publié la quasi-intégralité de ses œuvres, parmi lesquelles "L'amour dure trois ans", "99 francs" ou encore "Un roman français". Et ce n'est pas la seule mauvaise nouvelle pour l'homme de lettres, comme il l'a récemment confié à "Libération".
Frédéric Beigbeder, qui anime depuis 2024 le podcast "Conversations chez Lapérouse" (diffusé via LeFigaroTV et YouTube), dans lequel il reçoit divers grands noms de la littérature, pourrait bien devoir bientôt l'abandonner. Initialement, le concept avait pris naissance sur Radio Classique, où Frédéric Beigbeder l'incarnait déjà : après avoir été évincé en 2024 et sans ménagement de la station, l'auteur avait choisi de continuer l'aventure en solo, une aventure... qui a un coût. "J’ai voulu continuer seul. Au début, j’ai financé de ma poche. Puis 'Le Figaro' m’a aidé", a expliqué à "Libération" Frédéric Beigbeder, qui précise que le média prend en charge ses déplacements et son logement sur Paris, lui qui vit à l'année au Pays Basque. Pour financer son podcast, il a également reçu l'aide de Solange Brousse, une ancienne journaliste et auditrice fidèle de l'auteur, qui travaille dans le branding. Celle-ci a suggéré la mise en place d'un "système de sponsoring qui ressemble à du publirédactionnel". "Frédéric recommande un objet culturel en début d’émission, un livre le plus souvent", explique cette dernière au journal.
Décrié par certains éditeurs, qui jugent grotesques ces "1.700 euros pour que Beigbeder dise trois mots sur un bouquin dans une émission à 15 000 vues", selon l'un deux cité par "Libération", ce système a permis jusque-là la survie de "Conversations chez Lapérouse". Mais pour combien de temps encore ? "C’est un business model très fragile, reconnaît l'écrivain auprès de nos confrères. Je ne sais pas si je vais pouvoir continuer l’an prochain. J’hésite à lancer un Substack [un système de newsletters payantes, ndlr]. A moins que d'ici là, un investisseur n'ait l'envie d'investir ses deniers dans le projet ?

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