Nagui s'est rendu mercredi 1er avril à l'Assemblée nationale comme les boxeurs montent sur le ring : avec un état d'esprit combattif. Le présentateur et producteur de "N'oubliez pas les paroles" savait que le rapporteur de la Commission d'enquête sur l'audiovisuel public, le député Charles Alloncle, l'attendait au tournant. Après l'avoir qualifié en décembre dernier de "la personne, sur les dix dernières années en France, qui s'est le plus enrichie sur l'argent public", et ce pour des "centaines de millions" d'euros, le protégé d'Eric Ciotti a de nouveau épinglé les rémunérations de l'un des hommes forts de France Télévisions. Or, dès son discours introductif à l'Assemblée nationale, Nagui a accusé le rapporteur de l'avoir "jeté en pâture" et d'avoir mis en danger sa famille avec ses "insinuations" sur ses revenus.
"Vous créez du buzz en confondant chiffre d’affaires et bénéfices", a aussi pointé le chaperon des maestros du karaoké de France 2, à propos des déclarations du député UDR. Toujours aussi offensif, Nagui a assumé le fait qu'il "gagne très bien sa vie", mais pas à l'échelle suggérée par Charles Alloncle. "J’ai même entendu que je gagnais ma vie comme un footballeur. Je vais renégocier mon contrat, parce que je dois apparemment jouer en Ligue 2 plutôt qu’en Ligue 1 ", a ironisé le présentateur. Sans révéler sa rémunération, le patron de Banijay, Stéphane Courbit, avait vanté, un mois plus tôt devant ces mêmes députés, le talent "assez unique" du showman pour justifier son salaire.
Cette audition a été l'occasion pour Nagui d'effectuer une piqûre de rappel sur ses activités dans le groupe audiovisuel public. "J'ai négocié mon salaire avec Banijay. Ensuite, mon boulot est de produire le plus possible, le mieux possible, d'obtenir des parts de marché, de tenir l'antenne et de respecter surtout ce que la chaîne me demande, c'est à dire une émission de qualité qui rassemble et qui reste numéro un à l'antenne", a affirmé l'animateur-producteur star. "Et tant qu'on est numéro un à l'antenne, je pense que, en effet, Monsieur Alloncle, et j'en suis désolé, mais cette émission restera jusqu'au jour où l'émission sera arrêtée", a-t-il ajouté au sujet de "N'oubliez pas les paroles" et ses quasi deux décennies d'existence en access prime time sur la Deux. En revanche, il a bien rappelé être salarié de France Inter pour le rendez-vous quotidien "La bande originale". A ce sujet, il a d'ailleurs révélé qu'il gagnait "dix fois moins" sur France Inter que sur RTL, sur laquelle il a officié durant 19 ans jusqu'en 2006.
Nagui a en outre contesté le fait qu'il ait été "omniprésent" à l'antenne du service public au cours des dernières décennies, rappelant avoir connu une traversée du désert au début des années 2000. "J’ai proposé des fictions et des documentaires à France Télévisions. Ils ne les ont pas pris", a-t-il répondu à ses interlocuteurs. En 2020, "Mediapart" avait révélé un contrat de 100 millions d’euros entre France Télévisions et la société Banijay pour la production de plusieurs émissions pendant trois ans, dont "NOPLP", mais aussi "Taratata".

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