Charles Alloncle, rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public.© AFP, AFP/Stéphane de Sakutin
Encore inconnu du grand public en novembre dernier, Charles Alloncle jouit désormais d'une petite notoriété. Le député ciottiste de l’Hérault a pris la lumière des projecteurs avec le lancement de la commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public. Une mission lancée à l'initiative d'Eric Ciotti et de son parti, l'UDR, dont le jeune élu est le rapporteur. Alors que les auditions reprennent ce lundi avec notamment les passages attendues à l'Assemblée nationale de Léa Salamé, Laurent Delahousse ou encore Rachida Dati, le trentenaire devrait reprendre les débats avec les mêmes méthodes contestées. Il ne compte en effet pas changer de ton comme il l'a confié à nos confrères du "Point". Un "ton inquisiteur" reproché par Michel Drucker, Nagui ou encore Sibyle Veil, la présidente de Radio France.
"J’assume de réaliser ce travail avec rigueur. Sur la méthode, je suis insistant et je l’assume également. Quand une personne ne me répond pas ou se dérobe, je reformule calmement, sans sortir de mes gonds", se défend Charles Alloncle, sûr du bienfait de ses interventions. "Je fais mon devoir, je n’ai rien à me reprocher et ce serait céder aux pressions démentielles qu’on me met depuis le début des travaux", assène l’ancien sarkozyste en donnant quelques exemples. "Elles ont atteint des niveaux inédits : la présidente de l’Assemblée a même fait une déclaration sur une antenne du service public, France Inter, le matin de l’audition de la présidente de Radio France, pour essayer d’intimider un rapporteur. Et ce, alors qu’elle est garante de l’indépendance des pouvoirs de la commission". Face aux tentatives de menaces, il clame : "On ne me censurera pas. On ne me bâillonnera pas".
Quant aux accusations portant sur sa connivence avec Vincent Bolloré, le rapporter préfère "répondre par les faits". "Avant cette commission, je n’avais été invité qu’une seule fois sur un plateau du groupe de Vincent Bolloré, que je n’ai jamais rencontré. Depuis le début de nos travaux, j’ai répondu à deux invitations de son groupe, sur Europe 1, pour un total de 18 minutes. Contre quatre invitations sur des médias du service public (France Inter, France Info et France Télé)", argue celui qui dit "répondre à tout le monde". "Je ne prends pas mes consignes auprès de M. Bolloré, de son groupe, ni de personne. Je défends les intérêts des Français, point !", conclut-il.
Après une trêve hivernale, les audiences reprennent ce lundi sous fonds de tension, malgré les nouvelles règles imposées aux membres de la commission d'enquête. Au cours d'une réunion, sollicitée par le président de la commission Jérémie Patrier-Leitus, tous se sont bien remis d'accord sur l'interdiction de la détourner "pour la transformer en tribunal politique, procès individuels ou en lieu de politique spectacle." Le "respect absolu des personnes auditionnées et [la] dignité des échanges et des débats aussi bien durant les auditions qu'à l'occasion de nos expressions publiques sur les réseaux sociaux et dans les médias" a également été rappelé, tout comme l'importance de ne pas [instrumentaliser] ou [déformer] "les propos des personnes auditionnées."

player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2
player2