La commission d'enquête sur la neutralité du service public se poursuit. Après les auditions de plusieurs anciens ministres de la Culture et de l'actuelle ministre Rachida Dati, ainsi que de plusieurs journaliste de France Télévisions la semaine dernière, c'était au tour hier de Tristan Waleckx et de Louis Milano-Dupont, journaliste pour "Complément d'enquête", de venir répondre aux questions des députés. Au menu de cette audition : les propos tenus par Rachida Dati quelques jours plus tôt, mettant en cause l'éthique journalistique de l'émission.
Jeudi 5 février, Rachida Dati avait en effet assuré devant les membres de la commission d'enquête qu'un journaliste de l'émission d'investigation de France 2 (Louis-Milano Dupont) avait tenté de joindre l'un de ses proches dans le cadre de l'émission qui lui était consacrée et avait été diffusée sur France 2 en juin 2025. Selon la ministre de la Culture, ce proche aurait été approché par "Complément d'enquête", via un tiers, qui lui aurait promis une rémunération en échange d'informations à charge contre elle. "C’est une réalité puisqu’il y a eu des échanges", avait ajouté, sous serment, la candidate à la mairie de Paris, refusant toutefois de fournir les preuves de ses dires à la commission pour préserver son proche. "Ce sont des échanges privés qui concernent un tiers. Je n’ai pas d’obligation de les remettre. Il ne le souhaite pas, je ne le fais pas. S’il y a une procédure judiciaire, là je pourrai les produire. Je ne veux pas ennuyer quelqu’un qui est déjà en difficulté", avait-elle précisé.
Jeudi 12 février, Tristan Waleckx a été questionné d'entrée de jeu par la commission d'enquête sur les déclarations grave de Rachida Dati à l'encontre de "Complément d'enquête" et de son journaliste, Louis Milano-Dupont. "Nous n’avons évidemment pas donné ou proposé d’argent à quiconque dans l’entourage de Madame Dati, fusse par un tiers. Je démens cela catégoriquement et sous serment", a affirmé Tristan Waleckx, qui avait déjà abordé à plusieurs reprises la complexité de la réalisation de cette enquête sur la ministre de la Culture. "Jamais je n’ai monnayé un témoignage ni même tenté de monnayer un témoignage, s'est ensuite défendu Louis Milano-Dupont. C’est contraire aux règles déontologiques les plus élémentaires et cela ne fait évidemment pas partie de nos pratiques. Jamais je n’ai fait appel à un tiers pour monnayer un témoignage. Et je n’ai même jamais fait appel à un tiers dans le cadre de cette enquête sur Rachida Dati." Le journaliste a également précisé avoir reçu récemment un mail d'un "proche de Madame Dati" pouvant accréditer sa version des faits. "Il affirme clairement que "Complément d’enquête" ne lui a jamais proposé d’argent et il m’a autorisé à en faire état devant la commission." La commission d'enquête a demandé à Louis Milano-Dupont de leur fournir ce mail, et demandera également à Rachida Dati les échanges de messages qu'elle avait évoqué lors de son audition. En cas de parjure, des poursuites judiciaires pourront être enclenchées, a précisé le président de la commission Jérémie Patrier-Leitus.

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