Daniel Bravo, consultant sur BeIN Sports© beIN Sports
Mis sur la touche par BeIN Sports, Daniel Bravo fait son mea-culpa. Dans un entretien accordé à "L'Equipe", le consultant football de la chaîne franco-qatarie a présenté ses excuses après les propos tenus à l'antenne samedi, lors de la rencontre entre le Paris FC et l'Olympique de Marseille. Après un plan montrant Gaëtane Thiney, la directrice sportive de la section féminine du club francilien, en tribunes, l'ex-international français avait lancé : "Elle n'est pas très attentive. J'ai l'impression qu'elle parlait lingerie". Ces mots déplacés ont suscité l'indignation des téléspectateurs et de sa direction, qui l'a suspendu de ses fonctions "jusqu'à nouvel ordre". Lui-même a jugé sa formule hors de propos. "Je ne me reconnais pas dans ce que j'ai dit. C'était une sale blague, et je l'ai complètement ratée", reconnaît-il auprès du quotidien sportif.
"Je n'aurais jamais dû dire ça, et ça me blesse d'être jugé sur ce mot malheureux qui ne me correspond pas. Avec Gaëtane, je pense que l'incident est clos, mais j'ai bien conscience d'avoir mis beaucoup de monde en porte-à-faux, autant au PFC qu'à BeIN. J'en suis profondément désolé", assure Daniel Bravo, qui a depuis échangé à deux reprises avec l'ex-vedette des Bleues (163 sélections), désormais retraitée, à qui il a renouvelé ses excuses pour cette "maladresse" dans cet exercice de contrition.
L'incident serait clos avec "cette femme qui compte dans le football" même si le suiveur de la Ligue 1 ne sait pas quand il retrouvera le micro. "Je me suis expliqué, je crois qu'il y a eu beaucoup d'incompréhension, et je comprends ma suspension d'antenne. Je pense que je vais revenir, quand même", espère l'habituel binôme de Christophe Josse. Mais le moment est "compliqué" pour lui. "J'ai l'impression d'être un punching-ball, un homme à terre qui prend des coups de pied. Je ne suis même pas sûr que m'exprimer soit une bonne idée, parce que même s'il était important pour moi de présenter publiquement mes excuses, j'ai peur, aussi, de ne pas trouver les mots justes", a indiqué celui qui ne se reconnaît toujours pas dans les mots prononcés en direct.
Daniel Bravo avait déjà été rattrapé par la patrouille pour un dérapage raciste en 2019. "C'était un lapsus absolu. J'ai tilté, et mon lapsus a eu une connotation horrible. Je cherchais à valoriser un joueur qui avait très peu joué, d'où mon 'pas mal pour...', et je m'étais repris immédiatement, et je m'en étais excusé dès le match suivant. Là, avec Gaëtane, c'est autre chose, mon intention était banale, mais j'ai sorti une vanne de merde", a-t-il répété.
La séquence, rapidement relayée sur les réseaux sociaux, avait poussé BeIN Sports, déjà touchée par la polémique autour de sa journaliste Vanessa Le Moigne, à réagir par le biais d'un communiqué publié sur X dimanche. "Nous regrettons sincèrement les propos tenus à l'antenne par l'un de nos consultants, et nous nous excusons auprès de la personne concernée, de nos abonnés et de toutes celles et ceux que ces propos ont pu heurter, a écrit la chaîne, qui en a profité pour réaffirmer son engagement en faveur du respect dans ses programmes.
Tout comme le club du PFC et de nombreux observateurs du ballon rond, l'association Femmes Journalistes de Sport avait condamné "avec la plus grande fermeté les propos tenus par Daniel Bravo". Elle avait appelé beIN Sports "à reconnaître la gravité de ces faits" et invité "l'ensemble de la profession à prendre les mesures appropriées et à renforcer la sensibilisation de leurs équipes aux enjeux du sexisme dans le traitement médiatique du sport".

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