Près de 60 ans de carrière et encore dans le coup. Après avoir annoncé faire ses adieux à son métier de journaliste, Alain Duhamel s'amuse aujourd'hui de cette fausse retraite. L'éditorialiste de 85 ans officie toujours en effet une fois par semaine sur BFMTV et RTL pour commenter de grands thèmes d'actualité. "Juridiquement, je suis à la retraite. J’ai quand même abandonné le rythme quotidien pour des interventions hebdomadaires", souligne dans "Le Parisien" la mémoire de la Ve République, à qui France 5 consacre un documentaire diffusé ce dimanche 18 janvier à 23h. L'occasion de retracer les moments forts d'une carrière au cours de laquelle il a couvert 11 présidentielles et interrogé une multitude d'hommes et de femmes politiques.
Ce film rappelle aussi l'éclectisme de ses relations politiques, dont Alain Duhamel ne tait pas l'existence. Pour lui, un bon journaliste doit fréquenter au plus près les hommes politiques ou changer de profession. "La personnalité des politiques est moins importante que le taux de l’inflation ou de croissance, mais c’est primordial de bien les connaître, sinon on ne comprend pas ce qui se passe", assume-t-il. Dès lors, la polémique visant Patrick Cohen et Thomas Legrand, lesquels ont été filmés en pleine discussion avec des cadres du Parti socialiste dans un restaurant, ne le choque "pas du tout". "Je passe mon temps à déjeuner avec des politiques de toutes tendances. Pas par plaisir de partager un steak mais parce que c’est essentiel", martèle-t-il. Lui continue encore cette routine élémentaire avec des dirigeants de tous bords, à l'exception de Marine Le Pen, avec qui il n'échange pas.
L'ex-présidente du Rassemblement national est d'ailleurs la grande absente du documentaire consacré au journaliste politique. "Elle a été sollicitée mais elle n’aurait pas eu le temps en une heure de dire tout le mal qu’elle pense de moi", plaisante l'octogénaire, fâché avec l'ex-candidate à la présidentielle. "Avec elle il y a une animosité personnelle. J’ai de l’antipathie pour elle et inversement. De ce point de vue, on forme un couple efficace", rapporte-t-il dans le quotidien.
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Pas franchement aimable envers la nouvelle génération de journalistes, manquant de culture historique à son goût, Alain Duhamel fait exception pour l'un d'entre eux : son neveu Benjamin. "Il a énormément de talent. Il travaille. Il lit lui aussi", loue-t-il au sujet du nouveau matinalier de France Inter, dont les débuts à la radio ont été critiqués. Son oncle lui reconnait un ton aux antipodes du sien. "On n’a pas le même style. Moi, à son âge, comme j’étais déjà maître de conférences à Sciences-po, je faisais un peu la leçon à l’antenne. Lui est bien plus naturel", développe "l’intervieweur des présidents".

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