Une arrivée commentée. À 31 ans, Benjamin Duhamel s'est lancé un nouveau défi cet été en quittant BFMTV pour débarquer à la radio la plus écoutée de France, aux côtés de Nicolas Demorand. "La matinale d’Inter a toujours été un rêve de gosse”, se justifiait la nouvelle recrue, en charge de coanimer "le Grand Entretien" de 8h20, en plus de l’interview de 7h50. Egratigné d'entrée de jeu par Bertrand Chameroy, le journaliste a, en revanche, grincé des dents face à la chute des audiences du rendez-vous préféré des lèves-tôt sous la barre des deux millions d'auditeurs pour la période septembre-octobre 2025. Son quart d'heure a perdu 290.000 fidèles en un an. Interrogé par "Télérama", l'intéressé reconnaît une prise de marques difficile, surtout lorsqu'il doit sortir de la sphère politique. "Je n’avais pas pris la mesure qu’avec ce job c’était d’un instrument de musique différent qu’il allait falloir jouer pour chaque invité", estime celui qui a passé six années sur la chaîne d'information en continu.
En recevant Amélie Nothomb, Aya Nakamura ou le youtubeur Tibo InShape, Benjamin Duhamel est sorti de sa zone de confort. C'était "un terrain à défricher" pour le poil à gratter des invités politiques qui a abandonné son ton incisif pour adapter ses questions. Le successeur de Sonia Devillers confie avoir une grande marge de progression dans ce domaine. Lorsque nos confrères lui font remarquer un manque de sensibilité à l'antenne, le neveu d'Alain Duhamel plaide le "mécanisme de protection". Mais, il est aussi conscient de devoir se défaire de réflexes hérités de ses années devant les caméras et apprendre à "laisser des silences". "Le 7h50 doit ressembler à l’époque mais aussi à la personne qui le fait", assure-t-il pour se défendre.
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Avant de prendre ses nouvelles fonctions, le journaliste confiait au "Parisien" sa joie de relever cet "énorme challenge individuel et collectif". Emballé à l'idée de travailler avec Nicolas Demorand, pour qui il voue "une admiration totale", le néophyte a dû se faire une raison en apprenant que son binôme était contraint de prendre de la distance avec la matinale. C'est donc avec Florence Paracuellos que Benjamin Duhamel fait équipe, au moins jusqu'aux vacances de Noël, sous condition que le titulaire de la tranche 7h-9h "se sente de nouveau en forme". Cette absence remarquée intervient dans un contexte plus général de tension à France Inter, qui a perdu 458.000 auditeurs en un an.
Dans les colonnes de "Libération", Mickaël Thébault, le rédacteur en chef de la matinale, s'était montré cinglant face aux choix de la direction. "Les auditeurs sont déroutés. La radio est un média d’habitude. On perd Salamé et on récupère un super Duhamel mais ça fait beaucoup de changements", commentait-il. "On ne sait pas qui fait quoi, on empile les invités sur le même ton, les rendez-vous ne sont plus identifiables. On est loin de ce qu’on a pu faire par le passé. On a des humoristes qui ne sont ni corrosifs, ni impertinents, ni drôles. Au bout d’un moment, ça va poser un problème".

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