Les Gipsy Kings et l’un de ses membres fondateurs a perdu le sourire. Arte diffusait vendredi soir un documentaire consacré à l’épopée du célèbre groupe camarguais. L’occasion pour les téléspectateurs et fans de se replonger dans l’histoire de cette formation composée de musiciens d'origine catalane et gitane, à l'origine de tubes incontournables ("Djobi, Djoba", "Bamboléo"). Mais, pour Chico Bouchikhi, le film réalisé par Richard Minier n’a pas rendu honneur à son investissement pour faire danser les foules pendant quatre décennies. Il s’est donc fendu d’un communiqué de presse cinglant dans lequel il se dit "profondément choqué" et dénonce de nombreuses "contre-vérités". L’artiste se dit même prêt à attaquer en justice la chaîne, jugeant "incompréhensible" que celle-ci produise et diffuse ce documentaire.
"On m'efface de cette histoire"
Plusieurs points sensibles ont profondément irrité Chico Bouchikhi. Il déplore d’abord que l’auteur de ce projet n’ait sollicité aucun des trois co-fondateurs du groupe (Nicolas Reyes, Tonino Baliardo et lui-même) pour retracer la saga des Gitans camarguais. Selon lui, Richard Minier a sciemment invisibilisé son rôle en effaçant sa part à l'histoire et au succès mondial de la formation. "Ce documentaire poursuit manifestement un seul objectif : minimiser mon rôle, voire m’effacer de cette histoire en attribuant à d’autres des contributions qui furent pourtant les miennes, et qui ont été déterminantes dans le succès mondial du groupe”, martèle-t-il dans son texte.
Il a donc rétabli la vérité en affirmant être à l’origine du nom des Gipsy Kings, mais aussi l’élément central du rapprochement entre les familles Reyes et Baliardo, pilier de l'identité . "Chacune voulait rester dans son coin", explique le guitariste virtuose. "J’ai été le premier à comprendre qu’en réunissant leurs talents, nous pouvions créer un groupe unique et j’ai réussi à les convaincre".
À la fin de son message, l’Arlésien se plaint également de l'exploitation sans son autorisation, ni celle des autres membres, des clichés lui appartenant ainsi que des extraits d'œuvres et d’enregistrements inédits de cette "grande famille". Ce pourquoi il envisage une action en justice : "Qu’un média français bénéficiant d’une grande crédibilité comme Arte co-produise et diffuse un tel contenu est incompréhensible”, s’étonne-t-il avant de conclure : “Je me réserve ainsi toute liberté d’action”. Le canal 7 de la TNT n'a pas encore répondu à ces menaces.

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