Jean-Marc Morandini sur iTELE : La SDJ "sous le choc" et "consternée"

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Jean-Marc Morandini sur iTELE : La SDJ "sous le choc" et "consternée"
Jean-Marc Morandini arrive sur iTELE
Jean-Marc Morandini arrive sur iTELE © Abaca
La chaîne a surpris ce matin en annonçant l'arrivée du journaliste sur son antenne dans dix jours.

L'annonce de son arrivée a pris tout le monde de court, y compris en interne. Ce matin, à la surprise générale, iTELE a officialisé l'arrivée sur son antenne de Jean-Marc Morandini. "Comme prévu", assure la chaîne dans son communiqué, le journaliste se verra confier une heure d'antenne quotidienne, et ce dès le mercredi 19 octobre. Une arrivée en pleine semaine pour une émission quotidienne qui traitera des médias, "avec interviews, débats et infos liés à l'actualité du secteur".

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Mis en examen pour "corruption de mineur aggravée"

La décision d'iTELE a surpris à plus d'un titre. D'abord, même si la possibilité de confier une tranche à Jean-Marc Morandini à la rentrée avait bel et bien été évoquée, la direction de la chaîne avait assuré aux salariés, il y a dix jours à peine, que la question de l'arrivée de l'animateur sur iTELE "ne se pos(ait) plus, sauf contrordre". Un contrordre qui vient donc vraisemblablement de la présidence du groupe.

Surtout, Jean-Marc Morandini est empêtré dans deux affaires depuis les révélations des "Inrocks" en fin de saison dernière sur les castings douteux de sa web-série "Les Faucons", qu'il a produite. La première concerne des échanges de SMS et une séance photo à son domicile avec des jeunes garçons mineurs à l'époque des faits. L'animateur a été mis en examen il y a quinze jours dans cette affaire, pour "corruption de mineur aggravée". La seconde concerne "Les Faucons" : Jean-Marc Morandini a été entendu par la police et des plaintes pour "harcèlement sexuel" et "travail dissimulé" ont été déposées à son encontre.

Face à cette situation, Europe 1, où l'animateur était aux commandes de trois heures de "Grand direct" chaque matin, a décidé dès cet été de retirer Jean-Marc Morandini de l'antenne. NRJ 12, qui avait dans un premier temps choisi de le conserver à la tête du magazine "Crimes" - tout en le privant de direct -, a changé son fusil d'épaule après sa mise en examen. Tous les inédits de "Crimes" ont été remontés pour supprimer les plateaux où apparaît Jean-Marc Morandini, et les rediffusions ont rapidement subi le même sort.

"Choc" et "consternation"

Alors qu'elle avait déjà fait part de son inquiétude au sujet de l'arrivée de l'animateur avant même sa garde à vue et sa mise en examen dans la première affaire, la Société des journalistes d'iTELE et Canal+ s'est réunie à deux reprises ce vendredi pour évoquer ce retournement de situation. Et elle vient de publier un communiqué dans lequel elle demande à sa direction de "revenir sur sa décision".

Evoquant la "consternation" et le "choc" qui ont suivi l'annonce de l'arrivée de Jean-Marc Morandini, la SDJ revient sur les explications données ce matin pour expliquer ce revirement de situation. "L'argument avancé aujourd'hui par la direction pour justifier ce 'contrordre' est le suivant : faire remonter les audiences. Il est d'un cynisme en complet décalage au vu de la gravité des faits qui lui sont reprochés", lâche la SDJ, qui avoue que "le simple fait d'écrire ces lignes nous paraît à tous surréaliste"...

Le communiqué de la SDJ d'iTELE

" L'arrivée de Jean-Marc Morandi est inacceptable "

La Société des journalistes d'I-télé- Canal+ a appris avec consternation la venue de Jean-Marc Morandini sur l'antenne de l'iTele à partir du 19 octobre pour une émission quotidienne consacrée aux medias.

La rédaction est sous le choc, inquiète de l'impact de cette décision.

A plusieurs reprises déjà depuis l'ouverture d'une enquête à son encontre, nous avons exprimé notre profond désaccord sur la venue de Jean-Marc Morandini. Nous l'avons exposé à notre direction. Il nous apparaissait déjà qu'il était inacceptable d'associer notre image à celle d'un producteur de série érotique sur le net (Les Faucons), cette situation étant de nature à porter atteinte à notre honneur, à notre réputation et d'une manière générale aux nos intérêts moraux.

Notre métier repose sur la crédibilité. Celle d'une rédaction, celle de ses journalistes. Sur notre image. Sur une déontologie. C'est notre bien commun.

Sans préjuger de sa culpabilité, en respectant sa présomption d'innocence, il est évident que la présence de Jean-Marc Morandini entachera l'image de la chaine et de ses journalistes.

Il y a deux semaines, la direction nous expliquait que " les faits reprochés à Jean-Marc Morandini (étaient) graves, et (que) la question de son arrivée ne se (posait) plus. Sauf contrordre ".

L'argument avancé aujourd'hui par la direction pour justifier ce " contrordre " est le suivant : faire remonter les audiences. Il est d'un cynisme en complet décalage au vu de la gravité des faits qui lui sont reprochés.

Actuellement Jean-Marc Morandini est mis en examen pour " corruption de mineurs ", et " corruption de mineurs aggravée " par l'utilisation d'un moyen de communication électronique. Par ailleurs, il a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d'exercer une activité professionnelle en lien avec des mineurs.

Le contrôle judiciaire reflète la gravité des soupçons qui l'empêchent, à nos yeux, de pouvoir être l'une des incarnations fortes d'iTélé. Que ferons-nous lors de la prochaine étape judiciaire pour rendre compte des faits ?

Le simple fait d'écrire ces lignes nous paraît à tous surréaliste.

Alors que depuis des années, l'opinion attend particulièrement des personnalités publiques la probité qui s'impose à tous, alors que le principe d'un retrait de ses fonctions lors d'une mise en examen en attendant le jugement est communément acquis (chez les élus, les fonctionnaires, les sportifs, entre autres) comment pourrions-nous, en tant que journalistes, nous en exonérer ?

Parce que nous souhaitons tous la réussite de notre chaine et parce que le 19 octobre est encore loin, nous demandons à notre direction de revenir sur sa décision. Dans l'intérêt de tous.

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