Une décision qui fait polémique. Le mercredi 19 mai dernier, la maire démocrate de Chicago, aux Etats-Unis, Lori Lightfoot, a défrayé la chronique en ne désignant que des journalistes issus de minorités ethniques pour l'interroger à l'occasion de sa deuxième année à la tête de sa ville. Elle a alors prévenu les titres de presse locaux de ses conditions ayant pour but de "rompre avec le statu quo".
Elle s'est également expliquée à travers une série de tweets. "Depuis le premier jour de ma campagne, en 2018, j'ai été frappée par la proportion ultra-dominante de personnes blanches et d'hommes au sein des médias de Chicago, des responsables éditoriaux, des journalistes politiques et de ceux qui couvrent la mairie en particulier", a écrit Lori Lightfoot. Et d'ajouter : "C'est une honte qu'en 2021, les journalistes accrédités à la mairie soient très majoritairement blancs dans une ville où plus de la moitié des habitants sont noirs, hispaniques, d'origine asiatique ou amérindienne".
A la suite de cette prise de position, de nombreuses voix se sont élevées contre la maire. Le journaliste d'origine latino-américaine Gregory Pratt, qui a pour habitude de couvrir l'actualité politique pour le "Chicago Tribune", et qui avait été retenu par la maire pour ses origines hispaniques, a annoncé sur ses réseaux sociaux qu'il avait conditionné sa participation à l'interview à la levée de cette décision. L'entourage de Lori Lightfoot a refusé et Gregory Pratt a décliné l'entretien, rappelant que "les politiciens ne choisissent pas qui les couvre", dans un tweet.
Si l'Association nationale des journalistes noirs a noté "la sensibilité" de la démocrate "au manque de diversité parmi celles et ceux qui couvrent les collectivités locales", elle a fait savoir qu'elle ne pouvait "pas soutenir cette tactique", "du fait de (leur) engagement en faveur de la diversité en général, de l'égalité et de l'inclusion".

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