Ce mercredi 18 février, France 2 a choisi de miser sur un téléfilm fort. Réalisé par Gabriel Aghion, "La maman du bourreau" suit le calvaire d’une mère, campée par Marie-Christine Barrault, dont le fils prêtre est accusé de pédophilie. En s'éloignant volontairement des codes du fait divers ou de l'enquête, très prisés par les téléspectateurs, le créateur de cette fiction a souhaité se concentrer sur le cheminement intime de Gabrielle de Miremont, une femme de 80 ans dont les certitudes de femme mais aussi de mère s’effondrent brutalement. "À travers elle, le film explore les zones grises, les silences, les résistances intimes", explique celui qui s'est librement inspiré d'un roman de David Lelait-Helo pour développer son scénario.
Salué par la critique et le public, ce livre intitulé "Je suis la maman du bourreau" avait reçu le prix Claude Chabrol. La même année, l’histoire était adaptée au théâtre avec la comédienne Clémentine Célarié en tête d'affiche. Or, ce sujet très fort a émergé du cerveau de l'auteur de l'ouvrage original et ne prend pas sa source d'un fait réel. "Au départ, ce n’était pas un livre, c’était un projet de scénario qui d’ailleurs n’est pas abandonné mais comme je voyais que la chose n’évoluait pas assez vite, je me suis dit que ça pouvait être un livre", a expliqué David Lelait-Helo dans une interview accordée à la chaîne Youtube la Librairie Mollat. Avant de développer son raisonnement : "Pourquoi la pédophilie ? Pourquoi l’église ? C’est un sujet qui m’a toujours intéressé. Quand je voyais un reportage ou un papier dans la presse, ça suscitait quelque chose en moi. Il se trouve aussi que j’ai connu une victime. Après, c’est vrai que j’ai toujours eu un regard assez critique sur l’église. Comment est née l’idée de ce sujet ? Disons que je l’ai en moi depuis assez longtemps en tout cas".
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L'écrivain a-t-il néanmoins été consulté pour ce téléfilm ? Pas vraiment... "Je n’ai pas participé à l’écriture, les scénaristes et réalisateurs souhaitent rarement avoir l’auteur dans les pattes. Je n’ai demandé que quelques modifications avant le tournage. Je n’ai pas rencontré les comédiens, mes échanges se sont limités à des conversations téléphoniques avec Gabriel Aghion et Marie-Christine Barrault", a indiqué l'écrivain de 54 ans, regrettant quelque peu d'avoir vécu cette aventure "à distance".
Alors qu'il aurait voulu que les deux œuvres partagent le même dénouement, la transposition à l'écran a pris un cheminement "plus grand public" que son roman noir. "J’aurais aimé exactement la même fin mais France 2 a demandé ce qu’elle soit modifiée pour être sans doute un peu plus consensuelle, moins choquante", déplore-t-il. Le résultat n'en est pas moins salué par la critique, notamment laudative sur l'interprétation de Marie-Christine Barrault et Laurent Stocker, éclatants d'émotion et de justesse dans leurs rôles respectifs.

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