L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) est intervenue auprès de BFMTV après une séquence diffusée le 2 novembre 2025 dans l’émission "BFM Politique". Dans un communiqué, le régulateur indique avoir été alerté au sujet de propos tenus par un invité politique, sans le nommer explicitement.
"L’Arcom a été alertée au sujet de propos tenus par un invité politique concernant les personnes algériennes et d’origine arabo-musulmane au cours de l’émission BFM Politique, diffusée le 2 novembre 2025 sur BFM TV", précise l’Autorité. Elle estime que "les propos litigieux ont dépeint une image inquiétante et menaçante de groupes de personnes visés à raison de leur origine, de leur nationalité ou de leur religion".
Le régulateur pointe également le traitement éditorial de la séquence. "Les interventions des personnes présentes en plateau n’ont pas permis de condamner ces propos litigieux de manière suffisante", ajoute-t-il. En conséquence, l’Arcom a "fermement demandé à l’éditeur de veiller, à l’avenir, au respect des obligations issues de l’article 15 de la loi du 30 septembre 1986, ainsi que des articles 2-2-1 et 2-3-2 de sa convention".
Si le communiqué ne cite pas le nom de l’invité, plusieurs éléments renvoient à l’intervention d’Eric Zemmour ce jour-là. Invité de "BFM Politique" à la mi-journée, le président de Reconquête ! avait réagi à la crise diplomatique entre la France et l’Algérie, dans un contexte de tensions accrues entre les deux pays depuis 2024, marqué notamment par des différends autour du Sahara occidental, des affaires judiciaires et des expulsions réciproques de personnels diplomatiques.
Au cours de l’entretien, il avait notamment évoqué "l’organisation d’une invasion" algérienne, estimant que les autorités du pays mettaient en place une émigration de jeunes vers la France, et parlé d’une "revanche coloniale". Il avait également déclaré : "L’Algérie est un pays comme un autre. Mes parents y sont nés. Mais c’est un pays pour lequel je n’ai ni nostalgie, ni culpabilité. Quand on nous dit que la colonisation a pillé le pays je me marre doucement, parce que à ma connaissance on ne pille pas des marécages et des étangs."
Plus tard dans l’émission, évoquant son essai "La messe n’est pas dite", Eric Zemmour avait affirmé : "Nous vivons un moment historique effrayant qui est que nous arrivons au terme de plus de 200 ans de déchristianisation (...) et à la place de ce vide chrétien nous avons un plein musulman porté par la démographie et l’agressivité des jeunes musulmans".
Invité de la même émission le 5 avril dernier, l'éditorialiste politique d'extrême droite a cette fois créée la polémique en refusant de condamner des propos racistes envers le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko. "Je ne condamne rien du tout, je suis pour la liberté d'expression", avait-il notamment déclaré.
Par ailleurs, cette intervention s’inscrit dans un contexte judiciaire récent défavorable à Eric Zemmour. Début décembre, la Cour de cassation a rendu définitive sa condamnation pour des propos tenus en 2020 sur CNews au sujet des mineurs isolés, jugés constitutifs d’injure publique et de provocation à la haine. Il avait alors déclaré : "Ils n’ont rien à faire ici, ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c’est tout ce qu’ils sont, il faut les renvoyer et il ne faut même pas qu’ils viennent", ajoutant qu’il s’agissait d’"une invasion permanente" et d’"un problème de politique d’immigration".

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