Un nouveau blâme à ajouter à la collection de CNews et de Pascal Praud. Ce jeudi 4 décembre, le régulateur de l'audiovisuel a adressé une mise en garde à la chaîne d’information en continue de la galaxie Bolloré, lui reprochant des "préjugés sexistes" lors d’un débat animé par l'animateur vedette dans "L'heure des pros". L'émission bi-quotidienne du 3 avril dernier avait soulevé un débat sur l’introduction de la notion de consentement dans la définition pénale du viol. Ce jour-là, les intervenants avaient critiqué l'évolution législative, relevant l’hypothèse qu’une femme puisse revenir sur son consentement après une relation. Ils avaient aussi "discuté de l’existence de plaintes déposées par des femmes motivées par un 'regret', une 'haine' des hommes" et un "sentiment de revanche", écrit l'Arcom sur cet avertissement, décidé en Assemblée plénière le 8 octobre.
Selon l'organe de régulation, le canal 14 de la TNT est responsable d’"un manquement caractérisé" à la loi de 1986 qui prévoit que l’Arcom protège "l’image des femmes" en luttant contre "les stéréotypes, les préjugés sexistes, les images dégradantes, les violences faites aux femmes et les violences commises au sein des couples". La position de Pascal Praud avait été particulièrement dénoncée sur les réseaux sociaux, notamment lorsqu’il affirmait : "Beaucoup de femmes n’ont pas eu la chance d’être regardées par les hommes et nourrissent parfois un sentiment de revanche". L’Arcom estime que ces propos, même contredits ponctuellement à l’antenne, contribuent à entretenir des préjugés discriminatoires. Elle ajoute dans son communiqué que "d’autre part, les propos tenus par le présentateur et les chroniqueurs n’avaient été formellement contredits par aucune personne présente en plateau".
Dans l’échelle des sanctions possibles décidées par l'autorité, la mise en garde constitue le premier niveau d’intervention. Elle peut être suivie d’une mise en demeure et, en cas de récidive, de sanctions financières. L'une des dernières mises en garde adressées par l'Arcom concerne France Télévisions et le magazine "Complément d'enquête". Le 19 juin dernier, Tristan Waleckx et ses équipes exploraient dans "Sénat : les secrets de la chambre haute" les affaires qui ont récemment ébranlé le palais du Luxembourg. Dans un communiqué, le gendarme de l'audiovisuel expliquait que plusieurs séquences du reportage n'offraient pas les précisions nécessaires. Le régulateur pointait notamment du doigt "l’absence de mise en perspective, de nature à nuire à la bonne compréhension du téléspectateur", à propos du témoignage d’un ancien collaborateur parlementaire dénonçant des faits de harcèlement.
Or, selon les informations rapportées par "Mediapart", l’autorité de régulation n’avait, dans un premier temps, relevé aucun manquement concernant l’émission sur le Sénat et s'est déjugée sous la pression de Gérard Larcher, président de l'institution, "mécontent" de l’enquête du service public, et remonté contre le non-aboutissement de sa saisine. Une version des faits que réfute l'autorité, interrogée par nos confrères.

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