Une heure de dialogue inaudible. Entre Pascal Praud et Jean-François Copé, invité ce mardi dans "L'heure des pros", le débat s'est révélé plus laborieux que jamais, et ce dès le début de l'interview à 9h30. Les deux hommes n'ont cessé de s'interrompre pendant la durée de cet échange, se reprochant l'un et l'autre de monopoliser la parole. La première attaque est venue du maire de Meaux, lequel a reproché au présentateur vedette de CNews d'avoir seulement feuilleté l'ouvrage pour lequel il était initialement invité. "On ne va pas aller sur ce terrain-là. J’ai lu votre livre", a répliqué le journaliste, agacé. Ce à quoi l'élu politique a enchaîné par un vindicatif : "Je ne viens pas souvent chez vous donc laissez-moi le plaisir de parler. Heureusement que vous êtes là pour nous dire qui a raison et qui a tort".
La joute verbale ne s'est jamais calmée, elle est au contraire montée d'un ton lorsque Pascal Praud a émis l'hypothèse d'un meilleur bilan politique si Marine Le Pen avait été élue à la place d'Emmanuel Macron en 2017. "Sauf que j’ai un petit problème, quand même. C’est que quand j’écoute le programme de Marine Le Pen, je constate que c’est un programme qui, économiquement, est socialiste", a nuancé l'ex-ministre des gouvernements Raffarin et De Villepin. Avant de s'en prendre directement à son interlocuteur : "Alors vous qui nous expliquez toute la journée que vous êtes RPR, j’espère que, de temps en temps, ça vous fait un peu mal au ventre...".
La remarque a piqué l'animateur de la chaîne d'info dans son égo. "Pas d’attaques personnelles. Je ne suis pas plus RPR ni quoi que ce soit ! Je suis libéral, peut-être", s’est-il emporté en gardant le sourire. Ce fut au tour de Jean-François Copé d'être blessé et de renchérir : "Ne me dites pas que je fais une attaque personnelle. Vous avez le bénéfice du micro tous les jours pendant des heures et mon nom est sali à peu près deux fois sur trois lorsqu’il est prononcé". "Pas de victimisation, arrêtez de vous victimiser", a alors répété à plusieurs reprises Pascal Praud, reprochant également à son invité d'aller dans la direction du vent, politiquement parlant.
Le dialogue de sourds a poursuivi de plus belle, chacun campant sur ses positions initiales sans s'écouter. Longtemps spectateurs du débat, les chroniqueurs ont été interpelés par l'édile sur leur gêne quant à cette passe d'armes. Charlotte d'Ornellas est alors sortie de sa réserve pour donner son avis de néophyte. "L'avantage, c'est que je ne pense jamais avoir parlé de vous. Alors comme ça, on part de zéro et ça sera plus détendu. Parce que vous êtes très tendu. C’est même assez désagréable", a lancé l'éditorialiste marquée très à droite. "Si vous voulez répondre en permanence que de toute façon, on est engagés dans nos questions, c'est votre droit", s'est-elle vite ensuite énervée face au mode de défense de Jean-François Copé.
Toute l'équipe a alors pris fait et cause pour leur patron, se liguant contre l'ex-président de l'UMP. Ce dernier a tenté de garder son calme jusqu'à la réflexion de trop prononcée par le chef de bande. "Vous représentez un des acteurs du désastre en France", a affirmé ce dernier. "C’est énorme ! Au nom de quoi ? Je ne peux pas vous laisser dire un truc pareil ! Mais au nom de quoi ? Je n’ai jamais été président. Je représente le désastre ? C’est une blague ? Quand j’étais au gouvernement, j’étais ministre de l’Économie les trois années où nous avons baissé la dépense publique les impôts et la dette", s'est indigné l'ancien locataire de Bercy. Son argumentaire a laissé froid le commentateur. "Je vais vous dire monsieur Copé, vous êtes incapable d’écouter !", a-t-il lâché avant d'essayer de conclure cet échange tendu de bout en bout : "Au fond, vous êtes comme Emmanuel Macron, c’est-à-dire que vous savez tout mais vous ne comprenez rien".
Puremédias vous propose de découvrir la fin de cette séquence dans la vidéo en tête d'article.

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