Le 4 mars dernier, une soixantaine de professeurs de droit et de juristes ont saisi mercredi 4 mars le Conseil d'État, la plus haute juridiction administrative française, pour dénoncer une absence de pluralisme sur CNews et Europe 1, deux médias sous le giron de Vincent Bolloré. Ces universitaires avaient déposé un référé-liberté pour dénoncer l’inertie du gendarme de l’audiovisuel, estimant qu’elle ne remplissait pas pleinement sa mission de contrôle à l’égard de ces deux antennes. Une "requête refusée pour défaut d'urgence" par l'institution présidée par le Premier ministre. La plainte n'a donc pas abouti, la condition d'urgence indispensable pour déclencher cette procédure d'exception, n'étant pas remplie pour les sages du Palais-Royal.
Pour autant, Franceinfo a relayé cette information dans ses journaux de 5h20 et de 6h30, le 6 mars dernier. L'un des intervenants a qualifié à l'antenne CNews et Europe 1 comme étant d’"extrême droite". Ce qui a entraîné une saisie de l'Arcom et une délibération au sein d'un collège plénier, le 22 juillet dernier, au sujet de ces séquences. Finalement, la chaîne du service public s'en sort avec un simple avertissement du gendarme de l'audiovisuel. "Si elle n’a pas relevé de manquement caractérisé aux obligations de l’éditeur, l’Arcom a observé que les propos litigieux relatifs aux griefs soulevés par les auteurs du référé-liberté tendaient à prêter une qualification politique à la ligne éditoriale de CNews et Europe 1 qui ne ressortait pas de l’argumentation des professeurs auteurs du recours", peut-on lire dans le communiqué rendu public.
En conséquence, le régulateur a mis en garde le média du service public contre d'autres débordements du genre. Il a en effet "appelé la vigilance de l’éditeur sur la nécessité de veiller au respect de ses obligations d’honnêteté et de rigueur dans la présentation de l’information, en particulier sur des sujets aussi controversés". En revanche, l'institution dirigée par Martin Ajdari ne s'est pas estimée suffisamment compétante pour "le caractère éventuellement diffamatoire d’éléments de ces séquences", et a renvoyé le dossier devant un juge judiciaire.
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En juin dernier, l'Arcom s'était montré plus sévère envers le groupe audiovisuel en mettant à demeure Radio France pour "sous-représentation" du Rassemblement national (RN) en journée de janvier à fin mars 2026 sur Franceinfo et sur France Inter. L'autorité note que, sur la première, plus de 70% du temps de parole accordé au RN est enregistré de minuit à 6h, dans des moments où l'audience est faible. Radio France a plaidé le rejet de l’idée de choix éditorial, évoquant une "erreur technique" liée à un changement de logiciel.