"Trop gentil avec l'extrême droite". Le 7 janvier dernier, Merwane Benlazar, déjà évincé de France Télévisions, provoquait une nouvelle polémique après une chronique tenue sur les ondes de France Inter. L'humoriste s’était livré à un long pamphlet contre les médias donnant la parole aux partis et personnes portant des idées nationalistes. "Mettre un facho au micro, c’est légitimer ses idées (...) Et souvent, quand on donne la parole aux racistes, c’est sous couvert qu’“on reçoit tout le monde ici”. (...) À quel moment c’est devenu un bon argument, une bonne chose, de 'recevoir tout le monde'?», s’était-il interrogé dans l'émission "Zoom Zoom Zen". "T’es un média, t’as une responsabilité, j’attends de toi que tu fasses le tri avant de recevoir les gens !", avait-il ensuite clamé, demandant à "s'inspirer" de nos voisins belges où il existe le principe de "cordon sanitaire".
Si Matthieu Noël et sa bande s'étaient gondolés en écoutant ce billet d'humeur, Jérémie Patrier-Leitus riait jaune. La président de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public accusait le trublion d'appeler à "la censure politique" et se faisait le porte-voix d'auditeurs choqués et implorant l'Arcom de se pencher sur cette séquence. Tout en rappelant que "la loi oblige l’ensemble des médias audiovisuels a fortiori publics de respecter le pluralisme politique qui est un pilier de notre démocratie", le député d'Horizons annonçait que ce dossier n'en resterait pas là.
Le gendarme de l'audiovisuel s'est donc emparé de ce dossier en collège plénier, le 15 juillet dernier, et a rendu sa décision, en même temps que celle concernant Franz-Olivier Giesbert sur CNews ou Delphine Wespiser dans "Tout beau, tout n9uf". Aucune sanction n'a été prononcée contre la radio publique, seulement un avertissement. "Si elle a considéré que, eu égard à son caractère humoristique, cette séquence ne caractérisait pas de manquement de la station à ses obligations, elle a estimé utile de faire part à la station de l’émoi qu’elle a suscité", peut-on lire dans le communiqué. Le régulateur a également appelé France Inter à porter "son attention sur les recommandations du rapport de Monsieur Bruno Lasserre sur l’impartialité de l’audiovisuel public, relatives à l’expression de l’humour à l’antenne".
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Le nom de Merwane Benlazar s'était invité au Sénat lorsque Rachida Dati avait annoncé son retrait de la table de "C à vous" sur France 5. Chargé de remplacer Bertrand Chameroy, le jeune homme de 29 ans s’était fait épingler à l’occasion de sa première chronique du talk-show après la découverte d’anciennes publications sur les réseaux sociaux. "La place d’une femme est à la demeure auprès de son père. Crains ton seigneur", écrivait-il en 2021. Il avait également qualifié les téléspectateurs de Miss France de "porcs". La ministre de la Culture avait peu après annoncé son éviction. "Est-ce que des propos ont été tenus par ce chroniqueur qui sont scandaleux ? Oui. Donc suite à ces propos, France Télévisions en a tiré les conséquences : il ne sera plus à l’écran", avait-elle déclaré. Le roi de la punchline avait néanmoins poursuivi ses chroniques sur France Inter dans l’émission de Matthieu Noël, où il officie toutes les deux semaines.