Il était une fois un grand méchant loup devenu le talisman de Claude François. "Le Mal aimé", chanson du roi du disco sorti en 1974, connaît un retour sur les plateformes de streaming grâce au spot publicitaire phénomène du moment. Diffusé depuis décembre, le court-métrage racontant l’histoire d’un canidé rejeté qui tente de se faire accepter de ses confrères de la forêt en cuisinant des légumes a suscité une vague d'émotion intense et rare dans le monde pour une publicité. Résultat : plus de 600 millions de vues en une semaine, des réactions enthousiastes jusque chez des artistes et créateurs étrangers, et un regain d'écoutes pour le titre de "Cloclo" qui sert de bande-son au film de 2min30 réalisé par un studio montpelliérain. Comme le rapporte "Le Parisien", les streams ont bondi de 342 % entre le 4 et le 8 décembre, selon des données Luminate consultées par Billboard France.
Forcément, la viralité de ce "buzz international" n'est pas étrangère à cette soudaine recrudescence. Depuis le lancement de la campagne publicitaire, vantant les produits d'Intermarché, "les écoutes ont été multipliées par vingt sur toutes les plates-formes de streaming, entre le 5 et le 10 décembre en France", écrivent nos confrères, relatant également qu'un "petit phénomène émerge à l'étranger". Preuve en est, le chiffre des streams a pris deux zéros de plus par jour aux Etats-Unis (de 20 à 2.000).
"Le Mal aimé", ouvrant la Face A de l’album éponyme de Claude François en 1974, était jusqu'alors l'un des cinq tubes préférés de ses fans. Mais le nombre d’écoutes restait limité, avec "de petits chiffres", explique Sony qui partage son catalogue avec Warner et Universal. Le titre vivotait, un peu comme son interprète à cette période, lequel traversait une période difficile. Il eut alors l'idée de demander à l’un de ses auteurs, Eddy Marnay, d’adapter en français "Daydreamer", composée par Terry Dempsey, sur le thème de cet être refoulé. "Mon père était aimé du grand public mais il avait le sentiment de ne jamais arriver à créer l’adhésion de l’intelligentsia parisienne, qui ne voyait en lui qu’un chanteur pour minettes et de variétoche", explique aujourd'hui son fils Claude François Jr.
C'est lui qui a donné l'accord à Sony Music pour utiliser la chanson de son paternel pour ce conte de Noël. Un choix qu'il ne regrette pas : "J’ai versé ma petite larme à la fin. C’est une belle histoire, servie par un superbe casting, parfaitement dirigée, et une belle animation. La publicité est décidément un magnifique vecteur d’émotion. Celle-ci fait connaître la chanson dans le monde entier", s'émeut l'héritier dans les colonnes du quotidien.
Derrière ce succès retentissant se cache un studio d'animation basé dans le chef-lieu de l'Hérault : Illogic. En tout, 70 personnes ont travaillé sur ce petit film, chapeauté par trois réalisateurs et réalisé sans l'aide de l'intelligence artificielle, ou seulement sur "quelques parties de programmation". Ce travail artisanal aura duré six mois, du "storyboarding" à l’assemblage final, en passant par la création des personnages et paysages. Mais le résultat dépasse toutes les attentes et a donné une visibilité inattendue au distributeur, y compris à l'étranger.

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