Deux jours après l'incarcération de Nicolas Sarkozy – condamné le 25 septembre 2025 à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs assortie d’une exécution provisoire – "Complément d'enquête" décrypte, ce jeudi 23 octobre 2025 à 23h, les dessous de l'opération "Sauver Sarko" qui avait pour but de lui éviter la prison. En 2020, rappelle le magazine présenté par Tristan Waleckx dans une bande-annonce, "une équipée secrète", emmenée notamment par Mimi Marchand, "aurait fait pression" sur Ziad Takieddine (homme d'affaires franco-libanais décédé le 23 septembre 2025) "pour tenter de blanchir l'ancien président en échange d'argent". Dans cette même émission, Tristan Waleckx recevra Henri Guaino dans les fauteuils rouges installés dans la rue de la prison de la Santé.
Au cours de cette interview, dont un extrait a été mis en ligne sur X (ex-Twitter), l'ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy a été interpellé par Danièle Klein, partie civile au procès du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007. "À un moment, il faut savoir se taire. Monsieur Sarkozy n'est pas une victime. Monsieur Sarkozy est un citoyen qui a été condamné. Les vraies victimes dans ce procès, ce sont les familles du DC-10, 170 personnes, je le répète et je le répèterai toujours", a martelé celle qui a perdu sa sœur, passagère du DC-10.
Pour rappel, le DC-10 d'UTA a explosé en vol le 19 septembre 1989 à la suite d'un attentat perpétré par les services secrets libyens. 170 personnes, dont 54 Français, avaient péri. Le principal condamné, Abdallah Senoussi, est chef des services secrets et beau-frère du dictateur Mouammar Kadhafi. C'est lui que Claude Guéant et Brice Hortefeux auraient rencontré en 2005, en présence de l'intermédiaire Ziad Takieddine, en vue de mettre en place un pacte de corruption. Concrètement, ils auraient tenté de soudoyer le haut dignitaire Libyen, jugé responsable de cet attentat, lui promettant d’œuvrer pour faire lever sa condamnation dans l’affaire du DC-10 d’UTA en échange d’un financement pour la campagne présidentielle de 2007. "Il y a eu marchandage, il y a eu rencontre, il y a eu dîner avec Abdallah Senoussi", reprend Danièle Klein. "L'association de malfaiteurs est devenue, aux yeux du tribunal, un acte d'une extrême gravité pour les familles des 170 morts de cet attentat."
Danièle Klein de directement interpeller Henri Guaino : "Comment peut-on continuer à ne pas voir ça ? (...) Henri Guaino, j'aurais envie de lui dire : 'Mais vous êtes fou !' Est-ce que vous comprenez de quoi vous parlez ? Est-ce que l'on vous a vu au procès ? Est-ce que vous savez de quoi il en retourne ? On peut avoir de l'amitié pour quelqu'un mais quand ce quelqu'un à un moment faute, c'est pour moi une forme de courage de dire à son ami : 'Là, j'arrête !'." "J'entends parfaitement la douleur des victimes. Simplement, ce n'est pas le problème", a répondu Henri Guaino. "La dame pense que je suis fou mais je ne permets pas de me considérer comme un fou (...) Dans les relations entre États, on est obligé de traiter parfois avec des gens qui ne sont pas reluisants. Je comprends très bien que l'on indemnise les victimes pour ce qu'elles ont subi. En revanche, qu'on les indemnise, pour ce qu'a fait Nicolas Sarkozy, me paraît quand même très discutable", rejette Henri Guaino. Puremédias vous propose de visionner la séquence.
Dans son témoignage, Danièle Klein déplore que les faits cités ici sont "complètement occultés dans le discours ambiant". Le 25 septembre, jour où le jugement de Nicolas Sarkozy a été rendu, nombre de présentateurs et d'éditorialistes ont critiqué sur les chaînes info l'exécution provisoire signifiée à Nicolas Sarkozy. Celle-ci signifie que la peine de prison sera effectuée, même en cas d'appel.
Par exemple, pour Laurence Ferrari, qui a pris fait et cause pour l'ancien chef de l'État dans "Punchline" sur CNews, elle symbolise "l'acharnement judiciaire subi depuis des années par Nicolas Sarkozy". L'ancienne présentatrice du "20 Heures" de TF1 qualifiant au passage les révélations de "Mediapart", dont la bonnette a été arrachée par Carla Bruni, de "pseudo affaire libyenne". L'inscription sur un bandeau du texte "Nicolas Sarkozy face à un procès politique" avait décidé l'Arcom a se saisir du traitement par CNews de la condamnation de l'ancien président de la République. De son côté, BFMTV a convoqué la journaliste Alexandra Gonzalez pour "son positionnement jugé trop en défense des magistrats".
"Je suis sidéré par le climat de conversation publique et médiatique autour du jugement", avait déploré Fabrice Arfi, qui a contribué à ces révélations, sur France Inter le 26 septembre dernier. "C'est un moment de bascule trumpien que nous sommes en train de vivre (...) Nous sommes à front renversé mais ça, c'est le privilège de la délinquance en col blanc." Au soir de l'incarcération de Nicolas Sarkozy, le 21 octobre 2025, le journaliste d'investigation s'indignait sur le plateau de "C ce soir" sur France 5 du "niveau du débat public" : "Pourquoi il y a débat ou émotion ? Mais parce que l'on n'était que huit journalistes à suivre le procès. Pas une seule télé, pas une seule chaîne d'information en continu n'a suivi la totalité des audiences. Du coup, qu'est-ce qui prend ? C'est l'émotion. Et qu'est-ce qui raconte l'émotion ? C'est la scénarisation et le sens de la symbolique que maîtrisent à merveille Nicolas Sarkozy et ses soutiens. En face, la force et la brutalité des faits n'est nulle part."

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