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"Mea culpa à tous 'les offensés chroniques'" : La réponse cinglante de Sophia Aram à la Société des Journalistes du "Parisien"
Publié le 19 juin 2025 à 13:50
Mise en cause après une chronique sur la "Flottille de la liberté" publiée dans "Le Parisien", l'humoriste Sophia Aram répond avec sarcasme et autodérision aux critiques de la Société des journalistes du quotidien.
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Elle persiste et signe. Publiée ce dimanche 15 juin, une chronique dominicale de Sophia Aram dans "Le Parisien" a mis le feu aux poudres en interne, provoquant une réaction officielle de la Société des journalistes du quotidien. En cause, son texte intitulé "People Boat", une charge au vitriol contre la traversée maritime symbolique vers Gaza menée par une douzaine de militants, dont Greta Thunberg et l'eurodéputée LFI Rima Hassan.

"Aucun Suédois ne devrait jamais avoir à subir la violence d'être associé à un Krisprolls"

Partie le 1er juin, et interceptée dans les eaux internationales par Israël dans la nuit du 8 au 9 juin, ce  voilier de la Coalition de la flottille pour la liberté  (mouvement créé en 2010) entendait dénoncer le blocus imposé par l'État hébreu et alerter sur la situation humanitaire catastrophique dans la bande de Gaza, où l'ONU estime que 100% de la population est menacée de famine. Dans son texte, Sophia Aram y tournait en dérision ce qu'elle présentait comme une opération de communication. Mais c'est surtout le ton de la chronique qui a fait bondir la SDJ, laquelle a exprimé sa "consternation" dans un communiqué publié mardi 17 juin, dénonçant "la légèreté avec laquelle est abordée la tragédie de Gaza" et évoquant même une "ligne rouge" franchie.

"Même dans un trait d'humour, il n'est jamais très inspiré de ramener une personne à son origine pour la discréditer. Les Suédois ne font pas exception", écrit la Société des journalistes, alors que l'activiste Greta Thunberg était surnommée "Miss Krisprolls" dans la chronique, et le ton général du texte, jugé offensant. L'association en appelle même à la suppression des chroniques dominicales, les qualifiant de "lieux trop souvent de règlements de comptes" et de vecteurs de "partis-pris idéologiques". Un tollé dans un contexte déjà tendu : "Le Parisien", propriété du groupe LVMH, est engagé dans un plan d'économies drastique prévoyant la suppression de dizaines de postes, dont une trentaine de journalistes. Un plan qui agite profondément la rédaction, déjà sur les nerfs. 

À LIRE AUSSI : "Elle franchit une ligne rouge" : La SDJ du "Parisien" se "désolidarise" de la dernière chronique de Sophia Aram et "exhorte" la direction de la rédaction "à la plus grande vigilance"

Ce mercredi, Sophia Aram a repris la plume sur X, dans un pastiche de lettre d'excuses intitulée : "Mea culpa à l'attention de tous les offensés chroniques". Une réponse cinglante,  dans laquelle l'humoriste décortique avec ironie les griefs de la SDJ et les tourne en dérision. "Consciente que le racisme anti-suédois, comme tous les racismes d'ailleurs, ne saurait avoir sa place dans les colonnes du 'Parisien', je présente mes plus plates excuses à tous les Suédois qui auraient pu se sentir offensés par mes propos", écrit-elle. Elle enchaîne : "Aucun Suédois ne devrait jamais avoir à subir la violence d'être associé à un Krisprolls. Comme aucun Français ne saurait souffrir d'être à nouveau associé à une baguette, aucun Marocain à un tajine, aucun Espagnol à une paella. Plus jamais ça ! Je dis stop."

L'autrice ne s'arrête pas là. "S'il m'est déjà arrivé de m'énerver en lisant la notice d'un meuble IKEA, je jure qu'en dehors de cette regrettable chronique, je n'ai jamais manqué de respect au peuple suédois pour qui j'ai la plus profonde estime." Avant de conclure sur une note volontairement absurde : "Je vous annonce entamer une démarche personnelle de sensibilisation à la lutte contre la scandinavophobie."

"Un paquet Waza, des restes de quinoa et une boîte de serviettes"

Sur le fond de la polémique, l'humoriste défend sa chronique et réitère ses propos : "Mon intention dans cette chronique était de dénoncer le cynisme avec lequel une 'flottille' armée de quelques influenceuses et financée par un proche du Hamas, a fait semblant d'apporter un paquet Waza (là j'ai le droit ?), des restes de quinoa et une boîte de serviettes hygiéniques au moment où les Gazaouis traversent une effroyable tragédie."

Elle concède tout de même un point à ses détracteurs : "Je suis également d'accord avec le fait que l'on ne parle jamais assez de Gaza, ni de toutes les tragédies dont on parle encore moins d'ailleurs, sans que cela n'émeuve personne. Je pense au Darfour, au Soudan, au Yémen, aux Ouïgours, etc." Puis, elle conclut, en référence aux personnalités de gauche, surtout de LFI, qui ont salué la démarche de la Société des journalistes : "PS : N'hésitez pas à me dire si une demande d'adhésion de ma part à la France insoumise permettrait de calmer la meute."

Lundi, le député Aymeric Caron avait déjà interpellé le service public sur X, après une chronique de Sophia Aram, ironisant sur la marche internationale pour Gaza, partie du Caire en Éypte, dans le but d’atteindre l'enclave palestinienne afin de demander la levée du blocus israélien sur l'aide humanitaire. Une marche à laquelle ont participé des centaines de personnes venues de pays étrangers, dont la France, mais stoppée par les autorités égyptiennes. 

"Dites, Radio France, Sibyle Veil, Adèle Van Reeth, quel est aujourd’hui le concept de la case occupée par Sophia Aram ? Ses interventions ne cherchant même plus à donner l’illusion de vouloir être drôles, elles ne peuvent plus être classées dans la case 'humour'. Avez-vous créé spécialement pour elle une case "macroniste pro-Israël islamophobe" ? Quel rapport avec le service public ?" a-t-il écrit, en partageant sa chronique. "Quand Aybou Aymeric n'est pas content, il appelle mes patrons", a-t-elle rétorqué. Réponse de l'ancien journaliste : "Vous n’avez strictement rien à faire sur le service public, et certainement pas dans cette case humour qui vous a été offerte. Pour le reste, vous répondrez devant un tribunal. La procédure est en cours."

Par Bruna Fernandez | Journaliste
Née à l’époque des “Inconnus”, Bruna grandit entre le Brésil et la France. Enfant, elle enrichit son imaginaire devant le grand et le petit écran. Devenue journaliste, elle passe derrière la caméra et travaille pour plusieurs émissions. Un petit monde qu’elle se plaît à décortiquer pour puremedias.
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