Laurence Ferrari serait-elle la pilote qui commande l'avion "Prisma Media" ? Dans une longue enquête, le site "Les Jours" fait la lumière sur les dessous du rôle de la star de CNews et présidente du "JDD" au sein des magazine du groupe leader de la presse écrite. La société traverse une crise de confiance depuis sa brutale reprise en main par Vincent Bolloré. Plan de départ menaçant un tiers des salariés, "basculement" éditorial avec la promotion de visages estampillés Canal+, ouverture d'une clause de conscience et maintenant vente couplée avec le "JDNews", la défiance s'est installée au sein des rédactions de "Voici", "Télé-Loisirs" et des autres titres du groupe. Or, ces mêmes journalistes accusent la protégée du milliardaire breton d'être à la manoeuvre de ce changement radical, alors qu'elle ne bénéficie d'aucune fonction officielle que celle qui sont les siennes sur la chaîne d'actualité et l'hebdomadaire.
Concrètement, d’après de nombreux témoignages d'employés cités par "Les Jours", Laurence Ferrari relit, corrige voire censure des articles à distance physique dans plusieurs journaux : des magazines féminins, en passant par "Voici" ou encore "France Dimanche". "C’est la boss, et elle se comporte comme telle. Elle décide : ça c’est oui, ça c’est non", confie l’une des personnes sous son giron. "Franchement, c'est la pire", tranche un autre journaliste peu amène envers son interventionnisme exacerbé. Car, l'ex-présentatrice du "20 Heures" de TF1 aurait également comme mission d'orienter idéologiquement les publications du groupe, selon si elles visent son employeur ou France Télévisions.
Dans un contexte où les médias chapeautés par Vincent Bolloré mènent une offensive contre le service public, des articles jugés trop neutres ou trop doux envers le groupe dirigé par Delphine Ernotte seraient volontairement durcis. À l'inverse, des sujets favorables à la galaxie médiatique du grand patron seraient commandés. Ce serait le cas pour les livres publiés aux éditions Fayard mis en avant dans les hebdos féminins ou les succès d'audience de Pascal Praud. En revanche, pas un mot de la condamnation de Jean-Marc Morandini et de ses ricochets sur les antennes. Devenue la femme puissante de l'empire Bolloré, Laurence Ferrari aurait également, selon nos confrères, imposé l'un de ses hommes de confiance, Damien Hammouchi, pour lui mâcher le travail de censure en amont. "Il n’y a pas une semaine sans une offensive, petite ou grande", soupire un salarié de Prisma, exaspéré.
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Le point de non-retour a été atteint avec le couplage organisé depuis quelques semaines entre des magazines de Prisma et "Le JDNews". Le même hebdomadaire qu'encadre la présentatrice de "Punchline" et qui se retrouve désormais en vente en duo avec "Voici" ou "Télé-Loisirs" dans les kiosques. Face à la fronde en interne, la SDJ du deuxième titre a même été reçue par la direction du pôle TV de Prisma Media. La direction a défendu un "test". "C'est pour donner de la visibilité à leurs idées", affirme un journaliste, interrogé par "Les Jours". Faux, répond Gérald Brice-Viret à l'AFP. Il s’agit "d'optimiser les ventes au numéro" sans "aucun lien avec les lignes éditoriales".
Peu importe les arguments avancés, les salariés du groupe seraient à bout et réfléchiraient à l'idée de "pouvoir prendre le plan" de départ annoncé en décembre.

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