Steven Knight est toujours au four et au moulin. Ou plutôt au maltage et au brassage. Sept mois après la sortie sur Disney+ de sa série "A Thousand Blows", inspirée de l’histoire du gang entièrement féminin des Forty Elephants, le créateur de "Peaky Blinders" signe la fiction la plus proche sur le ton et la forme de son chef-d’œuvre. "House of Guiness" apparait dans le catalogue de Netflix depuis ce jeudi 25 septembre et reprend les grands codes qui ont fait le succès des gangsters de Birmingham. Après le carton de "Ma vie avec les Walter Boys", la plateforme fait monter la pression auprès des amateurs de grandes fresques familiales et romanesques en s'intéressant à l'incroyable dynastie des brasseurs irlandais. Le scénariste ne cherche pas à raconter la naissance de la fameuse stout brune mais se penche plutôt sur la progéniture de Sir Benjamin Guinness.
"Cette histoire est inspirée de faits réels", est-il précisé au début de chacun des huit épisodes qui composent cette saga historique. Elle explore l'impact considérable qu'a eu le testament du fondateur de cet empire sur ses quatre enfants adultes, Arthur, Edward, Anne et Ben, mais aussi sur les Dublinois qui travaillent et interagissent avec ce que l'on peut appeler le phénomène Guinness. La "pression monte" en Irlande, et les querelles familiales devront être de courte durée pour traverser la tempête sociale et politique qui sévit dans tout le pays.
Les inconditionnels de "Peaky Blinders" ne seront pas dépaysés dans cette lutte de pouvoir intestine sous fond de guerre civile, tant l'esthétique léchée, la mise en scène nerveuse, les costumes et décors d'époque ainsi que la bande-son très rock rappellent la fable qui a consacré les Shelby. Le casting ne gâche pas l'ensemble de la réalisation avec un quatuor principal qui porte la série à bout de bras. Anthony Boyle (qui prête ses traits à Arthur Guinness), Louis Partridge (Edward Guinness) et Emily Fairn (leur sœur Anne) se révèlent impliqués alors que James Norton ("Happy Valley"), pressenti pour être le futur James Bond, crève l'écran avec son personnage inventé de Sean Rafferty, homme de main du clan.
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En attendant ses scores d'audience, "House of Guiness" brasse les critiques laudatives de toute la presse. Du "Parisien" qui lui accorde une note de quatre étoiles sur cinq, à "20 Minutes" qui la dépeint comme "détonnante" et "pétillante", en passant par "Allociné" qui souligne le talent de Steven Knight à produire des fictions intenses et à haut spectacle, ce nouveau show, et son atmosphère bien retranscrite, font l'unanimité. Même si les plus pointilleux reprocheront un air de déjà vu et une difficulté à prêcher le faux du vrai dans tout ce tumulte autour de l'une des institutions les plus emblématiques d'Irlande.

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