Un film choc va s'échapper du catalogue de Netflix. Le 12 mai prochain, les abonnés de la plateforme n'auront plus à accès au visionnage d'"Un prophète", le chef d'oeuvre de Jacques Audiard sorti en salles à l'été 2019. Il serait donc dommage de se priver du spectacle offert par ce long-métrage, qui s'est imposé comme une référence du cinéma hexagonal, avec son réalisme carcéral et sa tension permanente. Présenté en compétition officielle lors du Festival de Cannes, le thriller haletant reçoit un accueil triomphal lors de sa projection et y obtient le Grand prix du jury. Le début de la gloire pour un film multi-récompensé lors des César 2010 (9 récompenses sur 13 nominations) et encensé par la presse. Sur "AlloCiné", il est gratifié d'une note moyenne de 4,6/5 à partir de l'interprétation de critiques provenant de 24 titres.
"Un prophète", c'est aussi la révélation d'un jeune acteur devenu, depuis, un visage incontournable du cinéma français : Tahar Rahim. Le comédien quasi-débutant prête ses traits à Malik El Djebena, un délinquant condamné à six ans de prison pour un petit larcin. Dès son arrivée en détention, il est confronté à ses co-détenus, qui le martyrisent. Son salut vient alors du clan corse, dirigé par César Luciani (le regretté Niels Arestrup), qui lui promet sa protection contre l'assassinat d'un gêneur. Le jeune homme accepte et apprend vite. Jacques Audiard met alors admirablement en scène l'ascension fulgurante de ce domestique vulnérable devenu, à force de se rendre utile, le nouveau patron de la prison. Dans son rôle, Tahar Rahim impressionne par l’intensité de son jeu, capable de traduire par un simple regard, la peur, l’ambition et la transformation progressive de son personnage. Une performance habitée qui lui vaudra deux César et lancera une carrière aujourd’hui internationale.
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Parmi les autres noms au générique : Reda Kateb ("Possessions"), Leïla Bekhti ("Tout ce qui brille") ou encore Karim Leklou ("Bac Nord"), tous aujourd'hui portés aux nus sur grand et petit écran. Après avoir dirigé des pointures comme Mathieu Kassovitz, Vincent Cassel ou Romain Duris, le grand réalisateur ("De rouille et d'os", "De battre mon coeur s'est arrêté") avait envie de faire tourner des inconnus, raison en partie pour laquelle il confia le rôle-titre de ce portrait d'apprentissage à Tahar Rahim. Cette idée allait de pair avec "la conscience que le cinéma a une inscription sociale forte". Dix-sept ans plus tard, son oeuvre culte se transposera en série de huit épisodes, récemment diffusée sur Canal+, et conçue comme une relecture contemporaine et non un simple remake.

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