C'est un coup de massue pour "La Tribune". "L'Informé" a révèle le 19 mars qu'un plan social allait toucher le média d'actualité détenu par CMA Media et dirigé par Jean-Christophe Tortora. La rédaction web de "La Tribune" devrait perdre la moitié de son effectif.
Dans le détail, ce sont 24 postes sur les 56 que comptent le desk numérique de "La Tribune" qui sont menacés. Selon "L'Informé", les 19 pigistes réguliers du site, présents en régions, sont les premiers menacés, tout comme 5 CDI et trois postes en régie. "Nous sommes assommés par cette décision car il y a encore quinze jours, la direction assurait proposer un poste à chacun dans le cadre de la réorganisation", a témoigné un journaliste auprès de "L'Informé". Jean-Christophe Tortora, directeur général délégué de CMA Media, a tenté lui d'éteindre l'incendie : "Tous les journalistes titulaires qui auront envie de s’inscrire dans ce nouveau projet recevront une proposition. Nous ne sommes qu’au début des discussions avec les élus du personnel qui dureront jusqu’à fin mai", a-t-il assuré.
Ce Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE) s'inscrit dans la continuité d'une réflexion autour d'un rapprochement entre la rédaction de "La Tribune" et celle de "BFM Business", autre propriété de CMA Media. En octobre dernier, 88% des journalistes avaient voté une motion de défiance contre ce projet qui proposait une réorganisation thématique autour de "quatre verticales sectorielles, sur le modèle de la presse professionnelle". "Nous demandons l’arrêt du plan d’économies annoncé, avait déclaré à l'automne la SDJ de "La Tribune" et de "La Tribune Dimanche", refusant de voir "La Tribune", "qui a toujours été un média économique généraliste", devenir un "média à vocation B to B [business to business, ndlr]". Le SNJ, la CGT, la SNME-CFDT et les Sociétés des journalistes de BFMTV, RMC et BFM Business avaient à l'époque apporté leur plein soutien à leurs collègues du même groupe. Le projet avait été suspendu.
Pour les salariés de "La Tribune", l'annonce de ce PSE donne donc une amère sensation de "trahison", comme certains l'expliquent auprès de "L'Informé". "Il y a des craintes sur la nouvelle convention collective, le maintien du salaire et des conditions de travail pour ceux qui vont rester, témoigne un salarié qui devra, comme ses collègues épargnés par ce plan social, signer un contrat avec NextInteractive, qui chapeaute les activités numériques de CMA Media. "On ne va pas toucher aux salaires. Quant au reste, nous en discuterons lors des prochains CSE. Mais nous sommes contraints de faire signer à tout le monde un nouveau contrat afin d’homogénéiser les conditions de travail", a assuré Jean-Christophe Tortora. Arnaud de Courcelles, actuel directeur général de BFM Business et des locales de BFM devrait prendre la tête de ce nouveau pôle. Il vient lui aussi de subir une motion de censure de la part de ses salariés, également inquiets pour leur avenir.
"Dans le cadre du projet de pôle économique BFM–La Tribune, une procédure d’information-consultation est actuellement en cours avec les représentants du personnel. À ce stade, les modalités d’organisation font l’objet d’échanges dans ce cadre et aucune décision définitive n’est arrêtée. Les chiffres publiés agrègent des situations différentes. La rédaction de La Tribune compte aujourd’hui 37 journalistes titulaires et 19 pigistes réguliers, qui ne sont pas des postes à temps plein. À ce stade, 32 postes permanents ont été identifiés au sein de la future organisation. Conformément à ce qui a été indiqué, l’objectif est que tous les journalistes titulaires de La Tribune qui le souhaitent puissent se voir proposer un poste dans la nouvelle organisation. Les propositions de postes feront l’objet d’échanges avec les collaborateurs concernés afin d’examiner les situations individuelles" nous fait-on savoir du côté de "La Tribune"

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