Omar Da Fonseca (beIN SPORTS) : "Je ne sais pas si je serai consultant pour la prochaine Coupe du monde 2026"

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Omar Da Fonseca (beIN SPORTS) : "Je ne sais pas si je serai consultant pour la prochaine Coupe du monde 2026"
Par Florian Guadalupe Journaliste
Passionné de sport, de politique et des nouveaux médias, Florian Guadalupe est journaliste pour Puremédias depuis octobre 2015. Ses goûts pour le petit écran sont très divers, de "Quotidien" à "L'heure des pros", en passant par "Touche pas à mon poste", "Koh-Lanta", "L'équipe du soir" et "La France a un incroyable talent".
Omar Da Fonseca en roue libre lors de la conférence de presse de Lionel Messi. © PANORAMIC/beIN SPORTS
Dans la cadre de la série "La sélection de Puremédias", Omar Da Fonseca, commentateur sur beIN SPORTS, nous a accordé un entretien.

Le commentateur le plus agité du PAF ! Le dimanche 20 novembre, la Coupe du monde de football donnera son coup d'envoi au Qatar. A cette occasion, puremedias.com propose tout au long de la semaine une série d'entretiens, baptisée "La sélection de Puremédias". Plusieurs anciens joueurs de football ont accepté de se plier à l'exercice de l'interview afin d'évoquer le rendez-vous sportif, mais également donner leur vision du métier de consultant sportif.

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Figure de beIN SPORTS depuis plusieurs années, Omar Da Fonseca sera présent tout au long de la compétition pour accompagner les plus belles affiches de la Coupe du monde de football. Le natif de Buenos Aires, en Argentine, a consacré une belle partie de sa carrière au championnat français où il a notamment évolué au Tours FC (115 matchs, 48 buts), mais aussi au Paris Saint-Germain et l'AS Monaco. Mais c'est surtout aux commentaires des matchs sur beIN SPORTS et par ses envolées lyriques dans le jeu "FIFA 23" que les plus jeunes fans de ballon rond le connaissent. A cette occasion, Omar Da Fonseca se confie auprès de puremedias.com.

Propos recueillis par Florian Guadalupe.

Partie Coupe du monde

puremedias.com : Quel est votre meilleur souvenir d'une Coupe du monde de football devant la télévision ?
Omar Da Fonseca
: Devant la télévision, pas beaucoup... (Il réfléchit) J'ai eu la chance d'assister à pas mal de Coupes du monde. J'ai été présent à la finale de 1978 (victoire de l'Argentine face aux Pays-Bas, à Buenos Aires, ndlr). Mais devant la télévision, je garde un souvenir incroyable en découvrant le but de Maradona contre les Anglais, la "Main de Dieu", en 1986. Après, je peux aussi mettre en meilleur souvenir, l'année 1970. C'était la première Coupe du monde de football que j'ai vue de ma vie. C'était en noir et blanc et un peu en couleur. Il y avait une équipe du Brésil... Je me souviens encore maintenant de la composition de l'équipe ! Clodoaldo, Felix, Gerson, Pelé, Tostao, Rivelino... Je les avais admirés alors que j'étais tout gamin !

Ils ont dit
"Quand on est jeune, les résultats nous touchent beaucoup plus !"
Omar Da Fonseca

Quel est votre pire souvenir ?
Il y en a eu... Certains n'étaient même pas nés ! (rires) Le pire ? C'était en 1974. Les Pays-Bas avaient battu l'Argentine en Allemagne de l'Ouest. C'était 4 buts à 0 ! Ils nous avaient mis minables ! Je me rappelle des deux buts de Johan Cruyff. Moi, j'étais très jeune. Je commençais tout juste à regarder la télévision. On n'en avait pas avant les années 1970. Quand on est jeune, les résultats, ils nous touchent beaucoup plus ! Aujourd'hui, ça fait belle lurette que je dors toujours pareil. (rires) Que l'Argentine gagne ou perde, mon sommeil ne change plus ! J'ai plus de souvenirs forts qui remontent à ma jeunesse.

Quelle sera la nation surprise de cette Coupe du monde ?
Je ne sais pas s'il y aura des surprises. J'aime beaucoup la Croatie, un peu vieillissante, mais toujours avec un football techniquement doué. Peut-être qu'on aura une équipe africaine. J'aimerais bien, à un moment donné, qu'il y ait un peu de football fantaisie qui vienne de ce continent. Je ne sais pas si ça viendra du Ghana ou du Cameroun. Je veux une surprise différente des précédentes éditions. On veut du spectacle et de l'audace ! J'espère que la surprise, ce ne sera pas comme la Grèce quand ils ont gagné l'Euro 2004. Pas comme l'Italie au dernier Euro. Je voudrais que la surprise soit dans la démesure. Il y a une tendance à un football peut-être un peu trop athlétique. On comptabilise tout. On court trop. Ca m'enlève le côté adrénaline et émotionnel de ce qui est pour moi le jeu.

Ils ont dit
"Je pense que la période de la Coupe du monde est très bonne !"
Omar Da Fonseca

Quel joueur va faire rêver les téléspectateurs durant la compétition ?
J'espère et je le souhaite... J'aimerais beaucoup que ce soit Lionel Messi ! Evidemment Neymar fera beaucoup de choses. Vinicius, j'espère aussi. C'est un peu toujours pareil. En Amérique du Sud, il y a un peu plus de relief ! En Espagne, je ne sais pas qui pourrait nous impressionner. En Angleterre, peut-être Foden. Aujourd'hui, les deux pépites du football, c'est Mbappé et Haaland - lui ne joue pas la Coupe du monde -. Ce sont quand même des joueurs qui sont athlétiques. Ils ont la vitesse, la vivacité... Mais moi, j'aime bien tout ce qui est feinte de corps, sensibilité, délicatesse, finesse ! (rires)

Pensez-vous que l'équipe de France peut à nouveau gagner la Coupe du monde ?
Evidemment, oui ! Dans l'addition des individualités, l'équipe de France, c'est l'équipe où il y a la plupart des joueurs qui jouent dans les meilleures équipes en Europe. En Allemagne, ils en ont moins. En Espagne, encore moins. Aujourd'hui, on peut dire que Giroud, Mbappé, Griezmann, Coman, Dembélé et d'autres, ont une vraie valeur de la connaissance de la Coupe du monde. Ils ont une vertu d'expérience. Rien ne donne la certitude et la gagne ! Mais quand on met plein de critères, il y a forcément celui de l'expérience et de la régularité. Mbappé a une opportunité de briller devant tout le monde. C'est quelque chose qui marquera l'histoire. En plus, je pense que ce sera une Coupe du monde énergisante. C'est dans un tout petit pays. Les matchs sont rapprochés. Les joueurs auront envie de se sublimer ! Je pense que la période est très bonne ! Ce n'est pas en fin de saison. Les joueurs ne seront pas fatigués. La température sera très agréable, sans besoin d'air conditionné - comme certains disent -. Moi, je suis allé trois ou quatre fois là-bas. On devra mettre un petit pull ou un petit blouson dans l'après-midi.

Ils ont dit
"Vous savez, le football est devenu une industrie"
Omar Da Fonseca

Partie médias

En tant que consultant, comment préparez-vous cette Coupe du monde ?
Comme d'habitude ! J'ai beaucoup d'envie ! Il n'y aura pas que le match et ce qui se passe sur le terrain. Dans cette Coupe du monde, nous serons hyper privilégiés. Je vais représenter une chaîne, beIN SPORTS. On va presque jouer à domicile ! On aura les studios. En plus, je suis un vieux monsieur. Je ne sais pas si je serai là pour la prochaine édition. Je n'aurais peut-être plus envie de monter les escaliers ou de marcher. Je commencerai à être un peu rafistolé de partout. (rires) Oui, je prépare déjà mes chemises, mes caleçons en soie, mes chaussettes. (rires) J'ai déjà contacté des journalistes espagnols et argentins, pour avoir des infos. Pour nous, c'est aussi un grand moment de notre existence, un grand moment de notre profession. Il y a une énergie qui se crée. Les gens vont venir avec ce sentiment d'appartenir à une nation. Dans une Coupe du monde, il y a toujours de la musique, de la couleur, des gens qui se déguisent... Moi, je veux relever une nouvelle fois le fait que le sport et le football véhiculent les valeurs festives. Il faut que le football reste festif. Il y aura un gagnant et des perdants. Il y aura des désillusions. Mais il faut que tout le monde se dise que le foot fait partie de cette humanité où à un moment donné on peut se réunir et profiter d'un spectacle uni.

Avec toutes les problématiques qu'il y a autour du Qatar, est-ce plus difficile pour un consultant de se préparer à cet événement ?
Pas personnellement. On ne va pas s'attarder sur ces aspects-là. Néanmoins, vous savez, le football est devenu une industrie. Ca fait très longtemps que cette industrie existe et se développe de plus en plus. Moi, je ne veux pas déborder de ce qui est mon cadre aussi réducteur et simpliste, qui est de commenter des matchs. Pour moi, ça n'a pas un impact dans ma manière de travailler.

Ils ont dit
"Moi, je me fais beaucoup critiquer !"
Omar Da Fonseca

Plus globalement, selon vous, qu'apporte de plus un consultant sportif dans un match de football ou sur un plateau de télévision ?
"De plus", c'est vous qui essayez de le dire ! Moi, je dis tout le temps que nous ne sommes que de simples accompagnateurs. Dans le film, il y a la musique. Et la musique ne rendra jamais le film meilleur ou pas. Nous, c'est pareil. Nous, on ne rendra jamais le match meilleur ou plus interactif. Moi, j'aime pouvoir vivre un match. Et je ne suis pas pour la critique et le côté bellique. Je n'emploie jamais les mots "combat", "guerre du milieu", "les armes"... Je tiens à dire que le privilège que j'ai est d'être dans une tribune et dans une situation très confortable. Le résultat ne me change rien personnellement. Qu'une équipe gagne ou perde, ça n'a pas des conséquences directes pour ma vie. Le foot reste la chose la plus importante des choses les moins importantes. La défaite, ce n'est pas grave. Nous, les consultants, on a la grande facilité de dire qu'on vit du football et qu'on fait vivre le football.

Est-ce qu'un consultant a plus de liberté qu'un journaliste ?
Je ne sais pas. Je n'ai jamais entendu de consignes qu'on a données aux journalistes. Le consultant, je pense, peut se lâcher. Moi, je ne veux pas rester uniquement dans l'avis et l'opinion. Un match de football, il faut toujours le relativiser et le minimiser. Et on a le droit d'avoir des préférences. Parfois, je dis que je préfère telle équipe par rapport à une autre. Mais c'est comme quand je dis : "Je préfère le sucré au salé et la viande par rapport au poisson". Ce n'est pas pour ça que je suis contre le salé et contre le poisson ! En France, on a cette difficulté à pouvoir écouter quand quelqu'un d'autre parle d'une préférence, d'un goût, d'une tendance... Moi, je me fais beaucoup critiquer ! Dans plein de domaines, je me positionne. Mais je me positionne à travers des choses qui n'ont aucune certitude et je n'ai pas de science infuse. Il y a tout ceux qui veulent nous expliquer le football à travers des statistiques et des systèmes. Mais en réalité, tout ce qu'on peut dire reste très aléatoire.

Ils ont dit
"D'ici trois à quatre ans, je vais être mis sur le côté !"
Omar Da Fonseca

Vous vous démarquez aussi des autres commentateurs sportifs. Vous faites souvent le show à l'antenne. D'où vous vient ce style unique en France ?
Je suis Argentin de naissance. Je suis un homme que les moins de vingt ans ne connaissent pas. Durant ma jeunesse, j'écoutais la radio avec mon grand-père, mes cousins, mes amis... On était je ne sais pas combien ! On écoutait la radio au milieu de la table. On regardait la radio ! (rires) Et le monsieur de la radio, il nous transmettait le match en l'imageant. Il nous donnait toutes les images. (il l'imite) "Oui, il a des grandes oreilles ! Il a mis ses chaussettes à l'envers !!! Oh, le lacet ! Il a le genou tordu !". (il reprend sa voix) Tout était imagé. En Argentine, en Espagne et en Italie, on continue encore aujourd'hui à parler du sport comme on parle de la vie. Ca doit être chanté, crié... Ca donne une certaine émotion. Par moments, dans le football, la logique est irrationnelle ! Comment pouvez-vous comprendre que lors d'un but de votre équipe, vous embrassez votre voisin que vous n'avez jamais vu avant et que vous n'avez jamais revu après ? C'est un moment de fusion et de communion, grâce à un but ! Lors d'un match de foot, on amène un peu la rue. On amène tous nos complexes. On amène le sac à dos plein de cailloux très lourds. C'est pour ça que je dis toujours que le stade, c'est le centre des émotions. J'espère que ce ne sera jamais un centre de conflit. Il faut que le stade de foot soit toujours le lieu où on peut exprimer des émotions positives : crier, danser, pleurer. Sans un centime de violence.

Depuis plusieurs semaines, ce sont les joueurs de "FIFA 23" qui ont la chance d'entendre vos commentaires lors de chaque match. Comment avez-vous vécu cette expérience de prêter votre voix à un jeu vidéo ?
Je n'étais pas assez préparé... Quand ils m'ont contacté, au début, j'ai cru que c'était une blague. Moi, j'ai 63 ans, je suis assez vieux. Je n'ai jamais joué au jeu auparavant. Au tout début, je leur ai dit : "Vous êtes sûrs que je suis la personne la plus appropriée ?". Ils m'ont dit qu'ils ont fait des sondages et que j'avais été très plébiscité. Après, j'ai dû faire énormément d'enregistrements ! Ca dure plus d'une année ! Plus d'une année à faire des enregistrements... De toute sorte... C'était assez répétitif... C'était assez lourd... C'était dans un studio... Par moments, j'ai eu quelques moments de mou ! Mais tous mes amis et mes enfants m'ont dit de le faire. Ils m'ont dit : "Tu garderas la possibilité d'avoir toujours ça". Je ne le regrette pas. Je continuerai quelques années. C'est une nouvelle expérience. Pas du tout attendu. Moi, à l'origine, je voulais juste être footballeur professionnel de foot. Je n'ai jamais voulu être commentateur. Ca, c'est venu après. J'ai d'autres projets aussi. Je vais faire la voix de Waze (application de GPS, ndlr). Là, je vais aussi faire une pub pour tout ce qui est l'écologie et le co-voiturage.

Vous voyez-vous être consultant sportif toute votre vie ?
Ma vie, elle est déjà à la fin. (rires) D'ici trois à quatre ans, je vais être mis sur le côté ! Moi, je suis le plus vieux des consultants et des journalistes. Je pense que je suis un ancien. Je ne me pose pas trop la question. Mon avenir est derrière moi. (rires) Moi, je vis mon travail de manière très différente des autres. Je n'ai aucune stratégie sur le long terme. Beaucoup de consultants ont envie d'être entraîneur ou de rejoindre un club. Souvent, c'est un passage d'être consultant. Les jeunes consultants ont des ambitions. Néanmoins, moi, je n'ai pas d'autres ambitions. Quand j'arrêterai cette activité, j'irai m'occuper de mes enfants. Je serai vieux. C'est pour ça que je n'ai pas de retenue en tant que consultant. Toujours avec beaucoup de respect.

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