25 ans après le lancement de la première téléréalité d'enfermement de France, "Loft Story", le genre est toujours bien en vue sur les petits écrans en France. Même si ses audiences sont bien moins flamboyantes que ce qu'elles étaient il y a une dizaine d'années, avant le nouveau mode de consommation des programmes télévisés, une émission comme "Secret Story" continue à fédérer une solide communauté de téléspectateurs. Jeudi 20 août, la grande finale de la saison 14 de l'émission avait été suivie par 526.000 téléspectateurs sur TMC, pour une part d'audience de 3,7%. Les quotidiennes ont, elles, été suivies cette saison en moyenne par 268.000 téléspectateurs en audience veille, soit 3,4%. Des scores moins bons que l'an passé, même si l'émission a été cette année un succès surprise sur la plateforme Netflix, qui diffuse désormais les programmes du groupe TF1.
"Secret Story" s'inscrit dans la ligne directe de "Loft Story", diffusée en 2001 et 2002 sur M6. L'émission, produite par Endemol (dont l'animateur-producteur Arthur était à l'époque le vice-président), ne faisait, avant son incroyable succès, pas rêver les diffuseurs. C'est à l'issue d'une soirée très arrosée à Cannes et d'une rencontre fortuite avec le producteur néerlandais de "Big Borther", John de Mol, qu'Arthur lance l'adaptation du format en France. "Entre le moment où j'ai pris cette cuite et le moment où c'est arrivé à l'antenne, on a travaillé comme des malades", a raconté l'animateur à Eric Larchevêque, Tony Parker et Nathan Pissaro dans leur émission YouTube "Fracture". "Il fallait financer un truc pareil, et aucune chaîne n'y croyait ! Aucune. TF1 nous a jetés, on est allés voir toutes les chaînes et finalement c'est M6 qui nous a acheté le format", a-t-il ajouté.
Une fois le programme lancé, l'animateur-producteur a dû se retrousser les manches pour créer de la curiosité autour de ce qui était à l'époque un ovni télévisuel. "Je me souviens qu' au moment du lancement de l'émission, on ne faisait pas les malins. On ne savait pas si ça allait marcher ! Il n'y avait pas les réseaux sociaux, il fallait créer du buzz ! On en a créé… Il fallait faire parler du programme !", a expliqué Arthur dans "Fracture". "Je me souviens, on peut le dire maintenant : M6 c'est des clients mais ils vont rigoler... À un moment, on avait payé des étudiants pour aller vider des poubelles devant M6 pour dire 'télé poubelle !', pour faire parler du truc, tu vois ! On n'avait pas prévu que les mecs allaient casser des vitrines et tout, ils se sont emballés....Et ça a fait parler du truc. C'était ça ! Aujourd'hui c'est facile de faire du buzz sur les réseaux sociaux, mais à l'époque, il n'y [en] avait pas. Il fallait inventer le buzz ! C'était une de mes spécialités !", a-t-il conclu dans un sourire.